UNAT Held or UNDT Pronouncements
La demande du requ¨¦rant au CR de pr¨¦parer des questions que les membres du CCQAB pourraient poser ¨¤ l'USG/OSAA sur les probl¨¨mes que les cadres sup¨¦rieurs avaient contest¨¦s au bureau ¨¦tait une violation de l'article 1.2(i) du Statut du personnel qui stipule que ? les membres du personnel doivent faire preuve de la plus grande discr¨¦tion sur toutes les questions relatives aux affaires officielles. Ils ne communiquent ¨¤ aucun gouvernement, aucune entit¨¦, aucune personne ni aucune autre source des informations dont ils ont connaissance du fait de leur position officielle et dont ils savent ou devraient savoir qu'elles n'ont pas ¨¦t¨¦ rendues publiques, sauf dans le cadre normal de leurs fonctions ou avec l'autorisation du Secr¨¦taire g¨¦n¨¦ral ?. Cela montre que le requ¨¦rant a dirig¨¦ les cadres sup¨¦rieurs dans leur tentative de faire remonter leurs probl¨¨mes au CCQAB et de les lier au processus de r¨¦vision budg¨¦taire qui aurait pu avoir un impact n¨¦gatif sur le bureau. Le Tribunal a consid¨¦r¨¦ que la conduite du requ¨¦rant t¨¦moignait d'un grave manque de jugement professionnel, d'int¨¦grit¨¦ et de comp¨¦tence et qu'elle violait la confiance que l'Organisation avait plac¨¦e en lui en tant que cadre sup¨¦rieur. Le requ¨¦rant a essentiellement utilis¨¦ les moyens dont il disposait en tant que directeur au niveau D-2 pour entraver ou renverser les d¨¦cisions de l'USG/OSAA et, ce faisant, a potentiellement port¨¦ atteinte ¨¤ la r¨¦putation du bureau.
Le Tribunal a estim¨¦ que la conduite g¨¦n¨¦rale du requ¨¦rant, qui a ¨¦t¨¦ ¨¦tablie par des preuves claires et convaincantes, a non seulement viol¨¦ plusieurs dispositions du Statut et du R¨¨glement du personnel cit¨¦es plus haut, mais a ¨¦galement fait preuve d'un grave manque d'int¨¦grit¨¦ et de comp¨¦tence et a viol¨¦ la confiance que l'Organisation pla?ait en lui en tant que cadre sup¨¦rieur, et ce pour les raisons suivantes.
Premi¨¨rement, le Tribunal a estim¨¦ que les exigences de loyaut¨¦ personnelle du requ¨¦rant et ses menaces de repr¨¦sailles en cas de d¨¦loyaut¨¦ violaient les dispositions de l'article 1.2(b) du Statut du personnel, qui dispose que les fonctionnaires doivent faire preuve des plus hautes qualit¨¦s d'efficacit¨¦, de comp¨¦tence et d'int¨¦grit¨¦.Les menaces de repr¨¦sailles pour d¨¦loyaut¨¦ prof¨¦r¨¦es par le requ¨¦rant sont contraires ¨¤ la disposition 1.2(g) du R¨¨glement du personnel, qui stipule que les fonctionnaires ne doivent pas menacer, exercer ou tenter d'exercer des repr¨¦sailles ¨¤ l'encontre des fonctionnaires qui exercent leurs droits et leurs devoirs. Le comportement du requ¨¦rant a constitu¨¦ un harc¨¨lement et un abus d'autorit¨¦ sur le lieu de travail, en violation de la disposition 1.2(f) du R¨¨glement du personnel qui stipule que ? [t]oute forme de discrimination ou de harc¨¨lement, y compris le harc¨¨lement sexuel ou sexiste, ainsi que les abus sous quelque forme que ce soit sur le lieu de travail ou en relation avec le travail, sont interdits ?.
Deuxi¨¨mement, le Tribunal a estim¨¦ que le refus persistant de la requ¨¦rante de remplir l'e-PAS 2018/2019 du personnel de l'OSAA et de s'engager avec KJ afin d'assumer des responsabilit¨¦s administratives en tant qu'OSR constituait une faute.
Troisi¨¨mement, le Tribunal a estim¨¦ que le refus du requ¨¦rant de participer ¨¤ la derni¨¨re phase du processus de planification et de pr¨¦paration du budget 2020 d'OSAA constituait une faute. Le requ¨¦rant ne s'est pas acquitt¨¦ de ses fonctions de haut fonctionnaire d'OSAA charg¨¦ de travailler sur le processus budg¨¦taire, en violation de l'article 1.2(e) du Statut du personnel, et son refus persistant de suivre les demandes de l'USG/OSAA de travailler sur le processus budg¨¦taire constitue une insubordination en violation de l'article 1.2(a) du Statut du personnel, qui stipule que ? [l]es membres du personnel suivent les directives et les instructions d?ment ¨¦mises par le Secr¨¦taire g¨¦n¨¦ral et par leurs sup¨¦rieurs hi¨¦rarchiques ?.
Quatri¨¨mement, le Tribunal a estim¨¦ que la participation du requ¨¦rant ¨¤ la formation d'une opposition aux instructions, aux directives et ¨¤ l'autorit¨¦ de l'USG/OSAA constituait une faute en violation de la r¨¨gle 1.2(a) et de l'article 1.2(b) du Statut du personnel. La conduite de la requ¨¦rante visait ¨¤ faire ¨¦chouer les r¨¦formes du SG/OSAA et ¨¤ contrecarrer son leadership ¨¤ l'OSAA.
Le Tribunal a estim¨¦ que la sanction impos¨¦e au requ¨¦rant ¨¦tait proportionn¨¦e, ¨¦tant donn¨¦ que le requ¨¦rant s'est livr¨¦ ¨¤ un ensemble d'actions, telles que d¨¦crites ci-dessus, qui constituent une faute. Par cons¨¦quent, sa conduite n'a pas seulement montr¨¦ qu'il ne respectait pas les normes de conduite exig¨¦es d'un fonctionnaire international, mais elle a ¨¦galement montr¨¦ qu'il ne tenait pas compte des r¨¨gles de l'Organisation. La conduite du requ¨¦rant a sap¨¦ la confiance que l'Organisation pla?ait en lui. Cette confiance est essentielle pour la continuit¨¦ de l'action de l'Organisation.
Decision Contested or Judgment/Order Appealed
Le requ¨¦rant, ancien membre du personnel du Bureau du conseiller sp¨¦cial pour l'Afrique (? OSAA ?), a contest¨¦ la d¨¦cision de lui infliger la sanction disciplinaire de la cessation de service avec indemnit¨¦ de pr¨¦avis et sans indemnit¨¦ de licenciement.
Legal Principle(s)
L'Administration a le pouvoir discr¨¦tionnaire d'imposer la mesure disciplinaire qu'elle consid¨¨re ad¨¦quate aux circonstances d'une affaire et aux actions et au comportement du membre du personnel impliqu¨¦, et le Tribunal ne devrait pas interf¨¦rer avec le pouvoir discr¨¦tionnaire de l'Administration ¨¤ moins que la sanction impos¨¦e ne semble ¨ºtre manifestement ill¨¦gale, arbitraire, adopt¨¦e au-del¨¤ des limites ¨¦nonc¨¦es par les normes respectives, excessive, abusive, discriminatoire ou absurde dans sa s¨¦v¨¦rit¨¦ (voir, par exemple, Kennedy 2024-UNAT-1453 ; Abdrabou 2024-UNAT-1460 ; Portillo Moya 2015-UNAT-523 ; et aussi Sall 2018-UNAT-889, Nyawa 2020-UNAT-1024).
Dans l'affaire Kennedy 2021-UNAT-1184, le Tribunal d'appel a d¨¦clar¨¦ qu'"une d¨¦cision sur la sanction appropri¨¦e en cas de faute implique un jugement de valeur et la prise en compte d'une s¨¦rie de facteurs. Les facteurs les plus importants ¨¤ prendre en compte pour ¨¦valuer la proportionnalit¨¦ d'une sanction comprennent la gravit¨¦ de l'infraction, l'anciennet¨¦, le dossier disciplinaire de l'employ¨¦, l'attitude de l'employ¨¦ et sa conduite pass¨¦e, le contexte de la violation et la coh¨¦rence de l'employeur ? (voir, par. 68).
Outcome
Outcome Extra Text
Lorsque le licenciement est une issue possible, la faute doit ¨ºtre ¨¦tablie par des preuves claires et convaincantes, ce qui signifie que la v¨¦racit¨¦ des faits affirm¨¦s est hautement probable (voir para. 51 de l'affaire Karkara 2021-UNAT-1172, et de la m¨ºme mani¨¨re, par exemple, dans les affaires Modey-Ebi 2021-UNAT-1177, para. 34, Khamis 2021-UNAT-1178, para. 80, Wakid 2022-UNAT-1194, para. 58). Le Tribunal d'appel a en outre expliqu¨¦ que la preuve claire et convaincante ? exige plus qu'une pr¨¦pond¨¦rance de la preuve mais moins qu'une preuve au-del¨¤ de tout doute raisonnable - elle signifie que la v¨¦rit¨¦ des faits affirm¨¦s est hautement probable ? (voir le paragraphe 30 de Molari 2011-UNAT-164). ? cet ¨¦gard, ? il incombe ¨¤ l'administration d'¨¦tablir que la faute all¨¦gu¨¦e pour laquelle une mesure disciplinaire a ¨¦t¨¦ prise ¨¤ l'encontre d'un agent a ¨¦t¨¦ commise ? (voir le paragraphe 32 de l'affaire Turquie 2019-UNAT-955).