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COMMISSION DE CONCILIATION DES NATIONS UNIES POUR LA PALESTINE

LA QUESTION DU RAPATRIEMENT

(Document de travail pr¨¦par¨¦?par le Secr¨¦tariat)

 

______

 

Introduction

La pr¨¦sente ¨¦tude comprend deux parties. La premi¨¨re consiste en un expos¨¦ historique des efforts de la Commission de conciliation pour la Palestine en vue de r¨¦gler la question du rapatriement des r¨¦fugi¨¦s arabes, au cours des deux ann¨¦es et demie qui viennent de s¡¯¨¦couler, ¨¤ savoir les mesures que le Commission a prises pour ex¨¦cuter les instructions qui, dans le paragraphe 11 de la , ont trait au rapatriement des r¨¦fugi¨¦s. On a ¨¦galement expos¨¦ les positions adopt¨¦es respectivement par le Gouvernement d¡¯Isra?l et les Gouvernements des Etats arabes, et pour autant qu¡¯on la connaisse, 1¡¯attitude des r¨¦fugi¨¦s eux-m¨ºmes. Dans la deuxi¨¨me partie de cette ¨¦tude, on a pr¨¦sent¨¦, a-u sujet de ce probl¨¨me, certaines suggestions pratiques clue l¡¯Office des r¨¦fugi¨¦s veudra peut-¨ºtre examiner ¨¤ la lumi¨¨re de l¡¯alin¨¦a (b) du paragraphe 2 de la .

[MISSING SECTION]

affecte la sort de pays et de peuples; le principe qui devrait r¨¦gir le processus de rapatriement est la n¨¦cessit¨¦ d¡¯atteindre ¨¤ une homog¨¦neit¨¦ d¨¦mographique, afin d¡¯¨¦viter les probl¨¨mes de minorit¨¦s.

L¡¯expression ¡°..¨¤ ceux qui le d¨¦sirent de rentrer…¡± comporte un corollaire : le droit pour les r¨¦fugi¨¦s de refuser de rentrer.

En es qui concerne l¡¯exercice proprement dit du droit des r¨¦fugi¨¦s ¨¤ choisir, il est ¨¦vident que le terme ¡°d¨¦sirent¡± sous-entend un libre choix. Un tel choix devrait s¡¯effectuer en pleine??connaissance des conditions que comporte le choix dans les deux cas, tant sur la plan mat¨¦riel que politique ainsi que l¡¯indiquait la Commission dans son deuxi¨¨me rapport p¨¦riodique.1

Deuxi¨¨mement, que signifie ? ¡­ dans leurs foyers¡­.¡±?

I1 est certain qu¡¯en employant ces termes, l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale entendait le foyer de cheque r¨¦fugi¨¦, soit sa maison ou son logement, et non sa patrie. Ceci ressort du fait que deux amendements employant les termes ? les r¨¦gions dont ils proviennent ? ont ¨¦t¨¦ rejet¨¦s. De plus, il semble par d¨¦duction; que si les r¨¦fugi¨¦s qui ne rentrent pas doivent recevoir une compensation pour leurs biens, ceux qui rentreraient occuperaient leurs anciennes demeures et ne recevraient de compensation que pour les pertes ou dommages subis. A ce propos le repr¨¦sentant du Royaume-Uni a d¨¦clar¨¦ au sein de la premi¨¨re Commission que ¡°les termes du paragraphe 11 du projet de ?du Royaume-Uni s¡¯appliquent ¨¤ tous les r¨¦fugi¨¦s, et les Arabes qui r¨¦sidaient ant¨¦rieurement dans la Ville nouvelle de J¨¦rusalem auront droit soit de rentrer dans leurs foyers, soit d¡¯obtenir une indemnisation pour les pertes subies. ?

Les Etats arabes et les repr¨¦sentants des r¨¦fugi¨¦s arabes ont accept¨¦ cette interpr¨¦tation et ont pri¨¦ la Commission de prendre des mesures en vue d¡¯¨¦viter une d¨¦t¨¦rioration des biens arabes en Isra?l, en attendant le retour des r¨¦fugi¨¦s.2?Les Arabes ont ¨¦galement li¨¦ ce droit aux garanties politiques ¨¤ donner aux minorit¨¦s arabes en Isra?l, garanties qui devraient ¨ºtre contr?l¨¦es par les Nations Unies. A 1¡¯appui de leur position, les Arabes se sont r¨¦f¨¦r¨¦s ¨¤ la D¨¦claration des Droits de 1¡¯Homme.3?

Les Isra¨¦lienne d¡¯autre part, ont r¨¦fut¨¦ cette interpr¨¦tation des termes ¡°dans leurs foyers¡± et ont soutenu qu¡¯il s¡¯agissait de patrie. Ils se sont r¨¦serves le droit de r¨¦installer tout r¨¦fugi¨¦s qui rentrerait en d¡¯autres lieux que son foyer d¡¯origine et conform¨¦ment ¨¤ des plans gouvernementaux.4?Cette m¨¦thode semble avoir ¨¦t¨¦ mise en ?uvre ¨¤ l¡¯¨¦gard de certains Arabes r¨¦sidant actuellement?en Isra?l.

Troisi¨¨mement, quelle est la port¨¦e des mots ? ¡­et de vivre en paix avec leurs voisins…¡±? De prime abord, le semble que cette expression visait ¨¤ placer une condition limitant le retour des r¨¦fugi¨¦s, c¡¯est-¨¤-dire une obligation pour les r¨¦fugi¨¦s rentrant dans leurs foyers et un droit pour les autorit¨¦s dans le territoire desquelles les r¨¦fugi¨¦s se r¨¦¨¦tabliraient. Toutefois, apr¨¨s plus ample examen; il devient ¨¦vident que l¡¯inverse est ¨¦galement vrai. Ce dernier aspect est ¨¦tudie au paragraphe 5 ci-dessous. En ce qui concerte le premier aspect, les intentions de l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale semblent avoir tendu principalement ¨¤ emp¨ºcher la cr¨¦ation d¡¯une ¨¦ventuelle cinqui¨¨me colonne en Isra?l, et il a ¨¦t¨¦ sp¨¦cifi¨¦ au cours des d¨¦bits en premi¨¨re Commission que les r¨¦fugi¨¦s qui rentreraient ne seraient pas arm¨¦e. Si l¡¯on poursuit le raisonnement, il semble que les r¨¦fugi¨¦s qui rentreraient devraient ¨ºtre oblig¨¦s de donner des assurances pr¨¦alables de leur intention de vivre en paix apr¨¨s leur retour. Inversement, les autorit¨¦s dans le territoire desquelles les r¨¦fugi¨¦s retourneraient, devraient avoir le droit d¡¯exiger de telles assurances. Celles-ci pourraient prendre la forme soit d¡¯engagements ¨¦crits pris par les r¨¦fugi¨¦s, soit d¡¯une r¨¦serve par les autorit¨¦s du droit d¡¯exercer des sanctions s¨¦v¨¨res contre ceux qui violeraient in condition ci-dessus. De plus, les autorit¨¦s en question pourraient se r¨¦server le droit d¡¯exercer un veto sur le retour de tout r¨¦fugi¨¦ dont l¡¯activit¨¦ pass¨¦e prouve ¨¤ leur avis qu¡¯elle n¡¯est pas pacifique. Le fait de n¡¯avoir pas pris part ¨¤ la guerre en Palestine pourrait servir de crit¨¨re quant aux intentions pour l¡¯avenir, et des preuves d¡¯innocence pourraient ¨ºtre exig¨¦es des r¨¦fugi¨¦s d¨¦sireux de rentrer.

Ni les Arabe, ni les Isra¨¦liens ne se sont exprimes tr¨¨s clairement sur ce point.

Quatri¨¨mement, quelle pst in port¨¦e des mots ? ¡­il y lieu de permettre…¡±? A quoi cette injonction fait-elle allusion et ¨¤ qui s¡¯adresse-t-elle?

En ce qui concerne la premi¨¨re partie de la question, elle s¡¯applique en premier lieu aux r¨¦fugi¨¦s qui d¨¦sirent rentrer; en deuxi¨¨me lieu, elle s¡¯applique au d¨¦sir de ces r¨¦fugi¨¦s de vivre en paix avec leurs voisins; troisi¨¨mement et indirectement, elle s¡¯applique au droit qu¡¯ont les r¨¦fugi¨¦s d¡¯exprimer leurs d¨¦sire; enfin, par d¨¦duction elle s¡¯applique au droit qu¡¯ont ces r¨¦fugi¨¦s de refuser de rentrer.

En g¨¦n¨¦ral l¡¯expression ? de permettre¡± s¡¯adresse ¨¦videmment aux gouvernements et autorit¨¦s int¨¦resses, ce qui est vrai de toute la °ù¨¦²õ´Ç±ô³Ü³Ù¾±´Ç²Ô de l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale quand d¡¯autres gouvernements ou organes ne sont pas sp¨¦cifiquement mentionn¨¦s.

A propos du retour des r¨¦fugi¨¦s il est ¨¤ supposer que l¡¯injonction s¡¯adresse en premier lieu aux gouvernements dans le territoire desquels les r¨¦fugi¨¦s vont entrer. A titre secondaire, elle s¡¯adresse aux gouvernements des territoires o¨´ se trouvent actuellement les r¨¦fugi¨¦s ;?en troisi¨¨me lieu, aux gouvernements par le territoire desquels les r¨¦fugi¨¦s pourraient avoir ¨¤ passer au cours de leur voyage de retour; enfin, ¨¤ tout organe ou personne qui pourrait vouloir faire obstacle au retour des r¨¦fugi¨¦s.

En ce qui concerne les droits des r¨¦fugi¨¦s ¨¤ vivre en paix avec leur s voisins, l¡¯injonction s¡¯adresse au gouvernement dans le territoire duquel les r¨¦fugi¨¦s s¡¯installeront , et impose ¨¤ ce gouvernement 1¡¯obligation. d¡¯assurer la paix ¨¤ ces r¨¦fugi¨¦s et de les prot¨¦ger centre tous ¨¦l¨¦ments qui chercheraient ¨¤ troubler cette paix.

A propos du droit des r¨¦fugi¨¦s ¨¤ exprimer leurs d¨¦sirs, 1¡¯ injonction s¡¯adresse principalement au gouvernement sur le territoire duquel le r¨¦fugi¨¦s r¨¦side actuellement et impose ¨¤ ce gouvernement l¡¯obligation de n¡¯influencer, ni de paralyser en aucune fa?on, le r¨¦fugi¨¦s dans l¡¯exercice de son libre choix.

En ce qui concerne le droit des r¨¦fugi¨¦s ¨¤ refuser de se faire rapatrier, l¡¯injonction ne s¡¯applique tous les gouvernements que per d¨¦duction.

Enfin qu¡¯elle est la signification da mots ¡°le plus t?t possible¡­ ? ?

Dans le projet de °ù¨¦²õ´Ç±ô³Ü³Ù¾±´Ç²Ô original du Royaume-Uni, le mot ¡°possible¡± ¨¦tait employ¨¦ en lieu et place du mot ¡°practicable¡± (le mot ¡°possible¡± a ¨¦t¨¦ maintenu dans le texte fran?ais d¨¦finitif). Un amendement a ¨¦t¨¦ propos¨¦ par le Guatemala, tendant ¨¤ ajouter les mots ¡°apr¨¨s que la paix aura ¨¦t¨¦ proclam¨¦e entre les parties aux diff¨¦rends en Palestine, y compris les Etats Arabes.¡±

Cet amendement a fait l¡¯objet d¡¯une objection de la part du d¨¦l¨¦gu¨¦ du Royaume-Uni qui a d¨¦clar¨¦ que ¡°la Commission devrait tenir compte du fait que de nombreuses ann¨¦es pourront s¡¯¨¦couler avant que la paix ne soit officiellement ¨¦tablie on Palestine. Par contre, une des possibilit¨¦s que l¡¯on peut envisager est le r¨¦tablissement de fait des conditions de stabilit¨¦ sans qu¡¯intervienne un accord sur les termes d¡¯une paix officielle. La d¨¦l¨¦gation du Royaume-Uni estime donc que la question du retour de ces malheureux dans leurs foyers devra ¨ºtre examin¨¦e d¡¯urgence aussit?t qu¡¯une telle stabilit¨¦ aura ¨¦t¨¦ r¨¦tablie en Palestine.¡±

Le repr¨¦sentant d¡¯Isra?l a d¨¦clar¨¦ ce qui suit:

¡°La Commission devrait exiger des Arabes qu¡¯ils assument leurs responsabilit¨¦s et cessent de prolonger la guerre.

Lorsque le repr¨¦sentant du Royaume-Uni a d¨¦clar¨¦ que des mesures tendant ¨¤ rem¨¦dier ¨¦ la situation devraient ¨ºtre prises d¨¨s que des conditions de stabilit¨¦ auront ¨¦t¨¦ r¨¦tablies, il a tenu compte de la r¨¦alit¨¦. M. Eban estime que l¡¯on pourrait ins¨¦rer dans le projet de °ù¨¦²õ´Ç±ô³Ü³Ù¾±´Ç²Ô une formule conditionnelle tendant ¨¤ souligner, ¨¤ l¡¯intention des parties, que les cons¨¦quences de la guerre ne pourront ¨ºtre r¨¦gl¨¦es qu¡¯¨¤ la fin de la guerre.¡±

Le repr¨¦sentant des Etats Unis a d¨¦clar¨¦ :

¡°La d¨¦l¨¦gation des Etats Unis ne peut accepter de subordonner le retour des r¨¦fugi¨¦s ¨¤ la conclusion de la paix, et elle esp¨¨re que l¡¯Assembl¨¦e ne fixera pas de telles conditions. On s¡¯accorde ¨¤ reconna?tre que la masse des r¨¦fugi¨¦s ne peut rentrer que si la paix existe. Toutefois, il n¡¯est pas n¨¦cessaire que les r¨¦fugi¨¦s attendent que la paix soit conclue pour commencer ¨¤ rentrer chez eux. Ces malheureux ne doivent pas servir de pions lors des n¨¦gociations en vue d¡¯un r¨¨glement d¨¦finitif.¡±

En ce qui concerne les remarques du repr¨¦sentant d¡¯Isra?l, M. Beeley a propos¨¦ de remplacer dans le texte anglais, au deuxi¨¨me alin¨¦a du paragraphe 11, le mot ¡°possible¡± par le mot ¡°practicable¡±. (Cette modification n¡¯affecte pas le texte fran?ais).

L¡¯amendement du Guatemala a ¨¦t¨¦ rejet¨¦ par 37 voix, contre 7 avec, 5 abstentions.

Le paragraphe 11 du projet de °ù¨¦²õ´Ç±ô³Ü³Ù¾±´Ç²Ô du Royaume-Uni, amende oralement par le repr¨¦sentant du Royaume-Uni, ¨¤ ¨¦t¨¦ adopt¨¦ par 29 voix contre 6 avec 13 abstentions.

De ce qui pr¨¦c¨¨de, il appara?t clairement que l¡¯intention de l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale n¡¯¨¦tait pas de faire d¨¦pendre le rapatriement des r¨¦fugi¨¦s de l¡¯¨¦tablissement d¡¯une paix en bonne et due forme. Il semble indiscutable que de telles conditions ont ¨¦t¨¦ cr¨¦¨¦es par la signature des 4 Conventions d¡¯Armistices.

2. Les obligations de la Commission de conciliation

Au paragraphe 11 de la , il est d¨¦clar¨¦ en outre que ¡°l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale… donne pour instructions ¨¤ la Commission de conciliation de faciliter le rapatriement, la r¨¦installation et le rel¨¨vement ¨¦conomique et social des r¨¦fugi¨¦s… ? L¡¯ ?Oxford Dictionary ? d¨¦finit le verbe ¡°faciliter¡± de la mani¨¨re suivante : rendre facile, favoriser, aider ¨¤ avancer (action ou r¨¦sultat). Cette d¨¦finition semble sous-entendre qu¡¯il s¡¯agit d¡¯une action secondaire ou auxiliaire plut?t que d¡¯une initiative, c¡¯est-¨¤-dire que la chose ¨¤ faciliter doit ¨ºtre d¨¦j¨¤ en marche avant qu¡¯il ne soit possible de l¡¯aider ¨¤ avancer ou d¡¯en rendre la marche facile. Dans le cas particulier du rapatriement, on pourrait consid¨¦rer que le premier ¨¦lan a ¨¦t¨¦ donn¨¦ par l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale lorsqu¡¯elle a ¨¦nonc¨¦ le droit des r¨¦fugi¨¦s ¨¤ se faire rapatrier et d¨¦cid¨¦ qu¡¯il y avait lieu de leur permettre de le faire.

Au cours du d¨¦bat qui a pr¨¦c¨¦d¨¦ l¡¯adoption de la °ù¨¦²õ´Ç±ô³Ü³Ù¾±´Ç²Ô, il a ¨¦t¨¦ sous entendu que la Commission n¡¯aurait aucun pouvoir d¡¯ex¨¦cution ou d¡¯arbitrage. Il semble que l¡¯intention de l¡¯Assembl¨¦e ait ¨¦t¨¦ d¡¯¨¦viter d¡¯employer des termes plus forts tels que ¡°assurer le rapatriement…¡±, et, en fait, le projet original du Royaume-Uni n¡¯a pas ¨¦t¨¦ modifi¨¦ au cours du d¨¦bat en ce qui concerne le terme ¡°faciliter¡±, en d¨¦pit de deux amendements tendant pr¨¦cis¨¦ment ¨¤ modifier les fonctions de la Commission ¨¦ ce propos.

Les obligations impos¨¦es ¨¤ la Commission par l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale en 1948 ¨¦taient donc d¡¯une nature g¨¦n¨¦rale plut?t que d¡¯une nature d¨¦termin¨¦e. Deux ans plus tard, dans , l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale insistait, non plus sur la question des principes, mais sur la question des arrangements d¡¯ordre pratique. (Voir Deuxi¨¨me Partie, Paragraphe A)

B. Evolution de la question

1. Position des parties ¨¤ l¡¯origine

Des le d¨¦but de ses travaux, la Commission s¡¯est trouv¨¦e devant une impasse dont il semblait impossible de sortir du fait d¡¯une part, de l¡¯insistance mise par les Etats arabes pour qu¡¯une absolue priorit¨¦ soit donn¨¦e ¨¤ la question des r¨¦fugi¨¦s, et d¡¯autre part de l¡¯insistance mise par le Gouvernement d¡¯Isra?l pour que le probl¨¨me des r¨¦fugi¨¦s soit ¨¦tudie et r¨¦solu au cours des n¨¦gociations g¨¦n¨¦rales pour l¡¯¨¦tablissement de la paix en Palestine. On verra que, fondamentalement, 1¡¯attitude des parties int¨¦ress¨¦es ne s¡¯est pas modifi¨¦e depuis ce moment.

Le droit des r¨¦fugi¨¦s de rentrer dans leurs foyers est un droit sur lequel les Gouvernements arabes ont insist¨¦ d¨¨s le d¨¦but5. Leur th¨¨se selon laquelle une priorit¨¦ absolue doit ¨ºtre donn¨¦e ¨¤ la question des r¨¦fugi¨¦s a pour corollaire leur insistance que toute solution doit d¨¦l¨¦gations subordonn¨¦e ¨¤ l¡¯acceptation, par Isra?l, du principe pos¨¦ par la °ù¨¦²õ´Ç±ô³Ü³Ù¾±´Ç²Ô de l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale que ¡°il y a lieu de permettre aux r¨¦fugi¨¦s qui le d¨¦sirent, de rentrer dans leurs foyers, le plus t?t possible, de vivre on paix avec leurs voisins¡±.

2. R¨¦unions tenues ¨¤ Beyrouth ¡ª Mars 1949

Au cours des r¨¦unions tenues a Beyrouth6?les d¨¦l¨¦gations arabes ont fait remarquer que jusqu¡¯¨¤ pr¨¦sent, le Gouvernement d¡¯Isra?l non seulement n¡¯aurait pas accept¨¦ ce principe, mais qu¡¯il essayait de cr¨¦er une situation de fait?de nature ¨¤ rendre plus difficile ou m¨ºme impossible son application pratique. A ce sujet, les d¨¦l¨¦gations arabe ont mentionn¨¦ notamment l¡¯absence compl¨¨te de s¨¦curit¨¦ pour les Arabes, dans les territoires sous l¡¯autorit¨¦ d¡¯Isra?l, ceci en violation des garanties en faveur des minorit¨¦s, pr¨¦vues Par le plan de partage, ainsi que les mesures prises par le Gouvernement isra¨¦lien au sujet du blocage d¨¦s comptes en banque des r¨¦fugi¨¦s, et de la liquidation de leurs propri¨¦t¨¦s mobili¨¨res et immobili¨¨res.

La Commission a reconnu le bien-fond¨¦ de la th¨¨se arabe relative au principe du retour des r¨¦fugi¨¦s qui en exprimeraient le d¨¦sir, mais elle a cru n¨¦cessaire de formuler quelques observations au sujet de 1¡¯application pratique cudit principe. La Commission a ¨¦t¨¦ d¡¯avis que m¨ºme si ces principes ¨¦taient acceptes, il faudrait pr¨¦voir le cas o¨´ une partie ces r¨¦fugi¨¦s d¨¦ciderait de ne pas rentrer. La Commission a donc pens¨¦ que les Etats arabes devraient accepter, en principe, de r¨¦installer ceux des r¨¦fugi¨¦s qui ne d¨¦sireraient pas rentrer dans leurs foyers. La Commission a ¨¦galement pens¨¦ qu¡¯il serait n¨¦cessaire ¨¤ envisager que dans certains cas, le retour des r¨¦fugi¨¦s devrait s¡¯effectuer conform¨¦ment ¨¤ un plan g¨¦n¨¦ral de r¨¦installation, sous le contr?le et la surveillance des organisations des Nations Unies. La Commission a ¨¦t¨¦ d¡¯avis que les r¨¦fugi¨¦s devraient recevoir tous renseignements au sujet des conditions dans lesquelles leur retour pourrait avoir lieu, en particulier des obligations que leur retour impliquerait et des droits qui leur seraient garantis. La Commission enfin a aussi ¨¦t¨¦ d¡¯avis que le probl¨¨me des r¨¦fugi¨¦s ne pourrait ¨ºtre r¨¦solu d¡¯une mani¨¨re permanente si d¡¯autres questions politiques, notamment la question des fronti¨¨res n¡¯¨¦tait pas r¨¦gl¨¦e ¨¦galement.7

3. ?

Au cours de l¡¯8?que la Commission a eu le 7 avril ¨¤ Tel Aviv avec M. Ben Gurion Premier Ministre d¡¯Isra?l, le probl¨¨me des r¨¦fugi¨¦s a ¨¦t¨¦ examin¨¦ en d¨¦tail. La Commission a expliqu¨¦ qu¡¯elles Etats arabes insistaient pour que la question des r¨¦fugi¨¦s soit consid¨¦r¨¦e comme la question la plus urgente et comme une t?che imp¨¦rieuse pour la Commission. Ils avaient toutefois renonc¨¦ ¨¤ insister pour qu¡¯un r¨¨glement de la question des r¨¦fugi¨¦s pr¨¦c¨¦d?t l¡¯examen des autres questions pendantes. La Commission a demand¨¦ au Gouvernement d¡¯Isra?l s¡¯il acceptait le principe ¨¦tabli par la °ù¨¦²õ´Ç±ô³Ü³Ù¾±´Ç²Ô de l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale tendant ¨¤ permettre le retour dans leurs foyers des r¨¦fugi¨¦s qui en exprimeraient le d¨¦sir. ¡®La Commission a soulign¨¦ l¡¯importance qu¡¯il acceptation de ce principe, et son application imm¨¦diate dans la mesure des possibilit¨¦s alors existantes auraient, en cr¨¦ant une atmosph¨¨re favorable au succ¨¨s des futurs ¨¦changes de vues.

M. Ben Gurion, sans r¨¦pondre directement ¨¤ cette question, a surtout attire l¡¯attention de la Commission sur le passage du paragraphe 11 de in ?qui d¨¦clare que les r¨¦fugi¨¦s qui d¨¦sirent rentrer dans leurs foyers devraient ¡°vivre en paix avec leurs voisins¡±. Pour M. Ben Gurion, ce passage signifi¨¦ que la possibilit¨¦ d¡¯un retour des r¨¦fugi¨¦s dans leurs foyers d¨¦pend de l¡¯¨¦tablissement de la paix, parce qu¡¯i1 est ¨¦vident qu¡¯aussi longtemps que les Etats arabes refuseront de faire la paix avec l¡¯Etat d¡¯Isra?l, celui-ci ne pourra pas compter sur les d¨¦clarations que les r¨¦fugi¨¦s arabes pourront faire en ce qui concerne leur intention de vivre en paix avec leurs voisins. M. Ben Gurion n¡¯a pas exclu la possibilit¨¦ d¡¯accepter le rapatriement d¡¯un nombre limit¨¦ de r¨¦fugi¨¦s arabes, mais il a fait, clairement comprendre que le Gouvernement d¡¯Isra?l l¡¯estimait [MISSED WORDS] probl¨¨me essential des r¨¦fugi¨¦s se trouvait dans la r¨¦installation des r¨¦fugi¨¦s dans les pays arabes.

4. Attitude de la Commission

Dans son deuxi¨¨me rapport p¨¦riodique9?la Commission a d¨¦clar¨¦ qu¡¯elle se rendait pleinement compte des difficult¨¦s que pr¨¦sente le rel¨¨vement d¡¯une population qui, si elle n¡¯est pas tr¨¨s importante, repr¨¦sente n¨¦ammoins un chiffre appr¨¦ciable par rapport ¨¤ la population totale des pays entre lesquels elle doit ¨ºtre repartie. La Commission a ¨¦t¨¦ d¡¯avis qu¡¯¨¤ la longue, le probl¨¨me trouverait sa solution d¨¦finitive dans le cadre du rel¨¨vement ¨¦conomique et social de l¡¯ensemble des pays du Proche-Orient. Mais l¡¯urgence d¡¯une solution imm¨¦diate qui porterait rem¨¨de ¨¤ la situation tragique, du point de vue mat¨¦riel et moral, dans laquelle se trouvent les r¨¦fugi¨¦s arabes, amenait ¨¤ envisager des mesures susceptibles d¡¯¨ºtre mises en application ¨¤ br¨¨ve ¨¦ch¨¦ance, telles que l¡¯ex¨¦cution d¡¯un programme de travaux publics entrepris par les Etats arabes et Isra?l, permettant le retour des r¨¦fugi¨¦s et la r¨¦installation imm¨¦diate de ceux qui ne d¨¦sireraient pas rentrer dans leurs foyers. La Commission a fait savoir aux parties qu¡¯elle serait pr¨ºte ¨¤ recommander aux organes comp¨¦tents des Nations Unies d¡¯accueillir favorablement une telle demande, si les Etats arabes et Isra?l demandaient ¨¤ l¡¯Organisation des Nations Unies une aide technique et financi¨¨re pour l¡¯¨¦laboration et la mise en pratique d¡¯un tel programme.

5. R¨¦unions de les Commission ¨¤ Lausanne ¡ª avril-septembre 1949

A Lausanne, les d¨¦l¨¦gations arabes s¡¯en soit tenues a leur position selon laquelle elles consid¨¦raient que le Gouvernement d¡¯Isra?l devait avant tout accepter le principe du droit des r¨¦fugi¨¦s ¨¤ ¨ºtre rapatri¨¦s. La Commission n¡¯est pas parvenue ¨¤ faire accepter ce principe par le Gouvernement d¡¯Isra?l. (En outre, il convient d¡¯observer que les d¨¦l¨¦gations arabes ont invoqu¨¦ comme raison ¨¤ leur refus de discuter les questions territoriales le refus d¡¯Isra?l d¡¯accepter le principe du rapatriement.)

6. Les propositions du Gouvernement d¡¯Isra?l et des Gouvernements arabes au sujet du rapatriement

Pendant la premi¨¨re phase des r¨¦unions de Lausanne deux propositions concr¨¨tes concernant les r¨¦fugi¨¦s, leur rapatriement et leur r¨¦installation furent toutefois soumises ¨¤ la Commission respectivement par la d¨¦l¨¦gation isra¨¦lienne et par les d¨¦l¨¦gations arabes. La d¨¦l¨¦gation isra¨¦lienne a d¨¦clar¨¦ que si la zone de Gaza ¨¦tait incorpor¨¦e dans l¡¯Etat d¡¯Isra?l, ce dernier serait pr¨ºt ¨¤ accepter, comme citoyens d¡¯Isra?l, toute la population arabe de la zone, habitants et r¨¦fugi¨¦s, ¨¦tant entendu que la r¨¦installation de ces derniers en territoire d¡¯Isra?l d¨¦pendra de l¡¯aide internationale disponible pour la r¨¦installation des r¨¦fugi¨¦s en g¨¦n¨¦ral. La d¨¦l¨¦gation isra¨¦lienne d¨¦clara n¡¯¨ºtre pas en ¨¦tat de soumettre ¨¤ la Commission des propositions concernant le nombre de r¨¦fugi¨¦s dont son Gouvernement serait pr¨ºt ¨¤ accepter le retour au cas o¨´ le zone de Gaza ne serait pas rattach¨¦e ¨¤ l¡¯Etat d¡¯Isra?l. De leur c?t¨¦, les d¨¦l¨¦gations arabes soumirent ¨¤ la Commission une proposition pr¨¦voyant le retour imm¨¦diat dans leurs foyers des r¨¦fugi¨¦s originaires des territoires qui se trouvent actuellement sous autorit¨¦ d¡¯Isra?l, mais qui font partie de la zone arabe telle qu¡¯elle est indiqu¨¦e sur la carte jointe au : c¡¯est-¨¤-dire la Galil¨¦e occidentale, la r¨¦gion de Lydda, Ramleh et Bers ab¨¦e, Jaffa, J¨¦rusalem et le littoral au nord de Gaza.

La Commission transmit sans commentaires ces propositions aux d¨¦l¨¦gations arabes d¡¯une part et ¨¤ la d¨¦l¨¦gation d¡¯Isra?l d¡¯autre part. Ni les unes ni l¡¯autre n¡¯estim¨¨rent ¨ºtre en mesure d¡¯accepter ces propositions.

7. Mesures pr¨¦liminaires en vue de la protection des droits et des biens des r¨¦fugi¨¦s?L¡¯attention et l¡¯activit¨¦ de la Commission pendant les entretiens de Lausanne ont ¨¦t¨¦ en grande partie consacr¨¦es ¨¤ l¡¯¨¦tude des mesures propres ¨¤ sauvegarder les droits et les biens des r¨¦fugi¨¦s. Avant son d¨¦part pour Lausanne, la Commission avait adress¨¦ de J¨¦rusalem au Gouvernement d¡¯Isra?l une liste de mesures pr¨¦liminaires12?qu¡¯¨¤ son avis, il serait juste d¡¯adopter si 1¡¯on voulait qu¡¯une atmosph¨¨re favorable pr¨¦sid?t aux r¨¦unions de Lausanne. A Lausanne, cet aspect de la question des r¨¦fugi¨¦s a fait l¡¯objet de communications orales et ¨¦crites ¨¤ la Commission, de la part des d¨¦l¨¦gations arabes et des organisations repr¨¦sentant les r¨¦fugi¨¦s. Il ¨¦tait demand¨¦, entre autres, au Gouvernement d¡¯Isra?l, de faciliter le retour des propri¨¦taires de plantations d¡¯agrumes, et celui des ouvriers n¨¦cessaires, pour parer ¨¤ la perte totale des plantations et de faciliter in r¨¦union des familles dispers¨¦es par suite de la guerre.

Le Comite Technique fut constitu¨¦ le 14 juin 1949 et se rendit imm¨¦diatement en Palestine afin de proc¨¦der, avec l¡¯assistance des Gouvernements des Etats arabes et de l¡¯Etat d¡¯Isra?l, aux ¨¦tudes pr¨¦liminaires concernant les r¨¦fugi¨¦s, le probl¨¨me du rapatriement, de la r¨¦installation et du rel¨¨vement ¨¦conomique et social des r¨¦fugi¨¦s, ainsi que les mesures pr¨¦liminaires pour la sauvegarde de leurs droits et de leurs biens. Le Comit¨¦ g¨¦n¨¦ral ¨¦tait charg¨¦, entre autres choses, de 1¡¯¨¦tude des points suivants soulev¨¦s par les d¨¦l¨¦gations arabes le 18 mai 1949: retour sur leurs terres et dans leurs foyers des propri¨¦taires arabes d¡¯orangeraies ainsi que des ouvriers et techniciens n¨¦cessaires ; et enfin garanties accord¨¦es aux r¨¦fugi¨¦s qui r¨¦int¨¨grent leurs foyers quant ¨¤ leur s¨¦curit¨¦ et leur libert¨¦.13?

Quant ¨¤ la question du regroupement en Isra?l des famines des r¨¦fugi¨¦s dispers¨¦es par la guerre; le Gouvernement d¡¯Isra?l a accept¨¦ de r¨¦admettre les ¨¦pouses et les enfants mineurs des Arabes soutiens de famille r¨¦sident l¨¦galement en Isra?l et de prendre en consid¨¦ration, en vue de r¨¦admission, d¡¯autres cas particuli¨¨rement dignes d¡¯int¨¦r¨ºt d¨¦clare pr¨ºt ¨¤ mettre cette mesure en vigueur imm¨¦diatement et ind¨¦pendamment de la solution du probl¨¨me des r¨¦fugi¨¦s dans son ensemble. Le Gouvernement d¡¯Isra?l a pressenti les Gouvernements arabes, par la voie des Commissions mixtes d¡¯armistices pour que ces Gouvernements envoient des repr¨¦sentants charges d¡¯entrer en rapport avec les autorit¨¦s isra¨¦liennes comp¨¦tentes afin d¡¯examiner les aspects administratifs du retour et de prendre des mesures d¡¯ex¨¦cution. Apr¨¨s une longue p¨¦riode d¡¯attente pendant laquelle les Etats arabes ont cherch¨¦ ¨¤ obtenir que l¡¯on adopt?t et pour le terme ¡°famille¡± une interpr¨¦tation plus large, ces derniers ont d¨¦sign¨¦ leurs repr¨¦sentants charg¨¦s de s¡¯occuper de la question au sein des Commissions d¡¯armistice charg¨¦s de l¡¯ex¨¦cution pratique de ce plan. La Commission mixte d¡¯armistice Isra¨¦lo-syrienne n¡¯est pas parvenue ¨¤ un accord sur la question, malgr¨¦ les nombreuses discussions dont ¨¤ cette derni¨¨re a fait l¡¯objet.

8. Les r¨¦unions de Lausanne ¡ª seconde phase

Pendant la seconde phase des n¨¦gociations de Lausanne ¡ª c¡¯est-¨¤-dire du 18 juillet au 15 septembre ¡ª le probl¨¨me des r¨¦fugi¨¦s fut discut¨¦ d¡¯une mani¨¨re approfondie avec les diverses d¨¦l¨¦gations, par la Commission et par son Comit¨¦ g¨¦n¨¦ral.

Le 29 juillet14?la d¨¦l¨¦gation isra¨¦lienne a d¨¦clar¨¦ que, pour r¨¦pondre aux vues de la Commission et afin de faciliter la t?che de conciliation, le Gouvernement d¡¯Isra?l a accept¨¦ que le probl¨¨me des r¨¦fugi¨¦s constitue le premier point de l¡¯ordre du jour des d¨¦bats mixtes portant sur un r¨¨glement de paix g¨¦n¨¦ral. A l¡¯ouverture de ces d¨¦bats, la d¨¦l¨¦gation isra¨¦lienne serait pr¨ºte ¨¤ faire part ¨¤ la Commission et aux d¨¦l¨¦gations arabes du nombre total de r¨¦fugi¨¦s que le Gouvernement d¡¯Isra?l serait dispos¨¦ ¨¤ rapatrier. Selon les vues du Gouvernement d¡¯Isra?l, ce rapatriement devrait faire partie d¡¯un plan g¨¦n¨¦ral de r¨¨glement du probl¨¨me des r¨¦fugi¨¦s dans son ensemble, et ne serait mis en ?uvre qu¡¯en tant que partie int¨¦grante d¡¯un r¨¨glement de paix g¨¦n¨¦ral et d¨¦finitif. La d¨¦l¨¦gation isra¨¦lienne estimait ¨¦galement que ces n¨¦gociations devraient se poursuivre directement avec les d¨¦l¨¦gations arabes.

Consid¨¦rant qu¡¯une telle initiative serait conforme ¨¤ l¡¯esprit de la ?et du Protocole du 12 mai 1949, les d¨¦clarations arabes ont d¨¦clar¨¦ le 2 ao?t15?¨¤ la Commission qu¡¯elles acceptaient de discuter les propositions d¡¯Isra?l, ¨¦tant entendu que la d¨¦l¨¦gations d¡¯Isra?l ferait dans le cadre d¡¯une solution d¨¦finitive du probl¨¨me des r¨¦fugi¨¦s, des propositions concr¨¨tes et que ces propositions seraient consid¨¦r¨¦es comme un premier pas dans la voie de la stabilisation de la situation en Palestine. Cette acceptation, d¡¯apr¨¨s elles, ne pr¨¦jugeait en aucune fa?on 1¡¯acceptation d¡¯un projet particulier quelconque.

9. Offre d¡¯Isra?l concernant le rapatriement

A la suite de cette r¨¦ponse des d¨¦l¨¦gations arabes, le d¨¦l¨¦gu¨¦ d¡¯Isra?l a inform¨¦ la Commission le 3 ao?t 194916?que son Gouvernement ¨¦tait dispos¨¦ ¨¤ apporter sa contribution ¨¤ la solution du probl¨¨me des r¨¦fugi¨¦s. Cette contribution se trouvait limit¨¦e par des consid¨¦rations relatives ¨¤ la s¨¦curit¨¦ de l¡¯Etat et d¡¯ordre ¨¦conomique. Ainsi, les r¨¦fugi¨¦s seraient plac¨¦s dans des r¨¦gions o¨´ ils ne se trouveraient pas en contact avec d¡¯¨¦ventuels ennemis d¡¯Isra?l; d¡¯autre part, le Gouvernement d¡¯Isra?l se r¨¦serverait la facult¨¦ d¡¯installer les r¨¦fugi¨¦s rapatri¨¦s dans des endroits d¨¦termines; de fa?on que leur installation s¡¯ins¨¨re dans le plan g¨¦n¨¦ral de rel¨¨vement ¨¦conomique d¡¯Isra?l. Dans ces conditions, le Gouvernement d¡¯Isra?l serait dispos¨¦ ¨¤ accepter le retour en territoire d¡¯Isra?l; dans ses limites actuelles, de 100.000 r¨¦fugi¨¦s qui viendraient s¡¯ajouter ¨¤ la population arabe ¨¤ la fin des hostilit¨¦s (y compris ceux qui seraient d¨¦j¨¤ rentr¨¦s), ce qui porterait le chiffre total de cette population ¨¤ 250.000 personnes au maximum. Ce rapatriement devrait faire partie d¡¯un plan d¡¯ensemble d¡¯installation des r¨¦fugi¨¦s, ¨¦tabli par une organisation sp¨¦ciale qui serait cr¨¦¨¦e ¨¤ cet effet par 1¡¯Organisation des Nations Unies.

La Commission ne consid¨¦ra pas comme satisfaisante la proposition de la d¨¦l¨¦gation d¡¯Isra?l, et se borna ¨¤ la communiquer officieusement et ¨¤ titre d¡¯information aux d¨¦l¨¦gations arabes.

10. Attitude des Etats arabes

Le 15 ao?t, les d¨¦l¨¦gations arabes ont fait savoir ¨¤ la Commission, ¨¦galement ¨¤ titre officieux, qu¡¯¨¤ leur avis la proposition d¡¯Isra?l serait contraire ¨¤ la , ainsi qu¡¯au . Elles ont estim¨¦ qu¡¯aux termes de ce dernier, la proposition d¡¯Isra?l ne pouvait porter que sur les territoires revenant ¨¤ Isra?l conform¨¦ment ¨¤ la carte, annexe ¨¤ ce . Les d¨¦l¨¦gations arabes se sont ¨¦lev¨¦e ¨¤ contre la pr¨¦tention de la d¨¦l¨¦gation d¡¯Isra?l de subordonner la r¨¦partition d¡¯Arabes en territoire isra¨¦lien ¨¤ des consid¨¦rations d¡¯ordre ¨¦conomique et strat¨¦gique. Elles ont rappel¨¦, en outre, un 17?qu¡¯elles ont adress¨¦ ¨¤ la Commission le 21 mai; demandant le rapatriement de tous les r¨¦fugi¨¦s originaires des territoires revenant aux Arabes ou devant ¨ºtre internationalises d¡¯apr¨¨s la carte annex¨¦e au . Si la proposition d¡¯Isra?l devait ¨ºtre interpr¨¦t¨¦e comme s¡¯appliquant exclusivement aux r¨¦fugi¨¦s originaires de la r¨¦gion revenant ¨¤ Isra?l, d¡¯apr¨¨s la carte ci-dessus mentionn¨¦e, les d¨¦l¨¦gations arabes ne seraient pas oppos¨¦es ¨¤ son adoption comme base des discussions du probl¨¨me des r¨¦fugi¨¦s originaires de ladite r¨¦gion. Enfin, les d¨¦l¨¦gations arabes se sont d¨¦clar¨¦es en faveur du d¨¦dommagement en nature pour les r¨¦fugi¨¦s qui ne rentreraient pas dans leurs foyers; ces d¨¦dommagements pourraient consister en des compensations territoriales dans le cadre du 11.

11. .

Le m¨ºme jour, c¡¯est-¨¤-dire le 15 ao?t, la Commission a soumis ¨¤ toutes les d¨¦l¨¦gations un ³¾¨¦³¾´Ç°ù²¹²Ô»å³Ü³¾18?dans lequel il leur ¨¦tait demand¨¦, entre autres, si elles ¨¦taient dispos¨¦es, ¨¤ signer une d¨¦claration comportant les dispositions suivantes :

Le probl¨¨me des r¨¦fugi¨¦s devrait ¨ºtre r¨¦solu par le rapatriement de r¨¦fugi¨¦s sur le territoire soumis a l¡¯autorit¨¦ d¡¯Isra?l et par l¡¯installation, dans les pays arabes ou dans la r¨¦gion de Palestine se trouvant en dehors de l¡¯autorit¨¦ d¡¯Isra?l, de ceux qui ne seront pas rapatries. Les rapatries deviendraient ipso facto?citoyens d¡¯Isra?l et aucune discrimination ne serait ¨¦tablie ¨¤ leur ¨¦gard en ce qui concerne tant les droits civils et politiques qu¡¯ils exerceraient que les obligations auxquelles la loi les astreindrait. Le rapatriement en Isra?l, ainsi que l¡¯installation dans les pays arabes ou dans la r¨¦gion de Palestine non soumise ¨¤ l¡¯autorit¨¦ d¡¯Isra?l, aurait lieu sous r¨¦serve d¡¯un concours technique et financier apport¨¦ ¨¤ cheque partie par la communaut¨¦ internationale.

La Commission a ¨¦galement demand¨¦ aux d¨¦l¨¦gations si, sans engager pour le pr¨¦sent ni pour l¡¯avenir leurs gouvernements, et compte tenu du fait qu¡¯il n¡¯existait pas de statistiques rigoureusement exactes et d¨¦taill¨¦es concernant les r¨¦fugi¨¦s, elles seraient dispos¨¦es ¨¤ pr¨¦senter une ¨¦valuation provisoire du nombre approximatif de r¨¦fugi¨¦s que leurs gouvernements seraient disposes ¨¤ accepter.

12. ?

Le 29 ao?t19, en r¨¦ponse ¨¤ ce , les d¨¦l¨¦gations arabes commenc¨¨rent par rappeler les observations contenues dans leur , et d¨¦clar¨¨rent que, tenant compte de ces observations, elles seraient pr¨ºtes ¨¤ ¨¦tudier la mise en ?uvre de la partie de la d¨¦claration propos¨¦e par la Commission aux termes de laquelle le probl¨¨me des r¨¦fugi¨¦s devait ¨ºtre r¨¦solu par le rapatriement des r¨¦fugi¨¦s dans le territoire soumis ¨¤ l¡¯autorit¨¦ d¡¯Isra?l et par l¡¯installation dans les pays arabes ou dans la r¨¦gion de Palestine qui n¡¯est pas soumise ¨¤ l¡¯autorit¨¦ d¡¯Isra?l, de ceux qui ne seront pas rapatries. Elias ont ¨¦galement attir¨¦ l¡¯attention de la Commission sur la n¨¦cessite d¡¯¨¦tablir des garanties internationales ¡ª ¨¤ d¨¦terminer ult¨¦rieurement ¡ª assurant aux r¨¦fugi¨¦s qui seront rapatri¨¦s un traitement juste sans discrimination raciale ou religieuse.

13. ?

Le 31 ao?t, la d¨¦l¨¦gation isra¨¦lienne a d¨¦clar¨¦ dans sa20?au ³¾¨¦³¾´Ç°ù²¹²Ô»å³Ü³¾ de la Commission, qu¡¯elle ¨¦tait dispos¨¦e ¨¤ signer une d¨¦claration s¡¯inspirant des principes g¨¦n¨¦raux sugg¨¦r¨¦s par la Commission en ce qui concerne les r¨¦fugi¨¦s sous les r¨¦serves suivantes: le probl¨¨me des r¨¦fugi¨¦s doit ¨ºtre r¨¦solu principalement par r¨¦installation de ces derniers en territoire arabe, et tout rapatriement en Isra?l ne se fera que sous r¨¦serv¨¦ d¡¯un concours financier apport¨¦ par la communaut¨¦ internationale, ce concours ¨¦tant ¨¦largi de fa?on ¨¤ comprendre la r¨¦installation des r¨¦fugi¨¦s juifs originaires des r¨¦gions de Palestine qui se trouvent sous autorit¨¦ arabe.

La d¨¦l¨¦gation isra¨¦lienne renouvela son offre relative au nombre de r¨¦fugi¨¦s que le Gouvernement d¡¯Isra?l serait dispose ¨¤ accepter.

Le 12 septembre, dans sa r¨¦ponse21?¨¤ la ?et ¨¤ la , la Commission a d¨¦clar¨¦ qu¡¯elle ne jugeait pas utile de formuler ¨¤ l¡¯heure actuelle de suggestions plus d¨¦taill¨¦es quant ¨¤ la question des r¨¦fugi¨¦s, ¨¦tant donn¨¦ que cette derni¨¨re serait examin¨¦e sous peu par la Mission ¨¦conomique d¡¯¨¦tude.

14. R¨¦unions de la Commission a New-York ¡ª Octobre-Novembre 1949

Pendant qu¡¯elle si¨¦geait ¨¤ New York, au cours de l¡¯automne 1949, la Commission a re?u le 27 octobre une r¨¦ponse du Gouvernement d¡¯Isra?l ¨¤ sa note en date du 12 septembre.

Dans cette r¨¦ponse M. Eban d¨¦clarait que :

¡°1¡¯attitude du Gouvernement d¡¯Isra?l au sujet du retour des r¨¦fugi¨¦s en Isra?l demeure inchang¨¦e. Le Gouvernement d¡¯Isra?l consid¨¨re qu¡¯abstraction faite de la r¨¦admission des ¨¦pouses et des enfants mineurs d¡¯Arabes r¨¦sident d¨¦j¨¤ en Isra?l, la question de la contribution qu¡¯Isra?l Isra?l doit apporter ¨¤ la r¨¦installation des r¨¦fugi¨¦s ne peut se poser que dans le cadre d¡¯un r¨¨glement de paix g¨¦n¨¦ral et ne peut constituer qu¡¯un aspect de la solution d¨¦finitive et compl¨¨te du probl¨¨me des r¨¦fugi¨¦s dans son ensemble. En ce qui concerne les dispositions de la ?relatives ¨¤ cette question, le Gouvernement d¡¯Isra?l doit rappeler qu¡¯avant l¡¯adoption de cette °ù¨¦²õ´Ç±ô³Ü³Ù¾±´Ç²Ô son repr¨¦sentant avait d¨¦clare ¨¤ plusieurs reprises ¨¤ la Commission politique que la question du retour des r¨¦fugi¨¦s ne pouvait ¨ºtre en aucun cas r¨¦solue en fonction de droits ou d¡¯intentions individuels, puisqu¡¯il s¡¯agissait d¡¯un probl¨¨me affectant 1¡¯existence d¡¯une nation et que dans la solution de ce probl¨¨me les int¨¦r¨ºts de 1¡¯Etat d¡¯Isra?l en mati¨¨re de s¨¦curit¨¦ repr¨¦sentaient un facteur d¡¯importance capitale. Le Gouvernement d¡¯Isra?l, pour ¨ºtre ¨¤ m¨ºme de remplir ses obligations et assurer la s¨¦curit¨¦, le bien-¨ºtre et, en un mot, l¡¯existence m¨ºme de 1¡¯Etat, doit conserver 1¡¯enti¨¨re libert¨¦ d¡¯appr¨¦cier dans quelle mesure le retour des r¨¦fugi¨¦s compromettrait les chances de bonne entente entre Arabes et Juifs et dans quelle mesure ce retour provoquerait des difficult¨¦s insurmontables sur le plan pratique. Il convient d¡¯ajouter ¨¤ cet ¨¦gard que 1¡¯¨¦volution r¨¦cente dans le Moyen -Orient a renforce nos craintes de voir tout rapatriement arabe porter gravement atteinte ¨¤ la s¨¦curit¨¦ d¡¯Isra?l¡­ ?22

15. R¨¦unions de la Commission ¨¤ Gen¨¨ve ¡ª Janvier Juillet 1950

Au cours de ses r¨¦unions ¨¤ Gen¨¨ve, la Commission n¡¯a pas discut¨¦ la question du rapatriement car elle s¡¯est consacr¨¦e et ¨¤ l¡¯¨¦laboration et ¨¤ 1¡¯¨¦tude de propositions concernant une proc¨¦dure pr¨¦voyant 1¡¯¨¦tablissement de comit¨¦ s mixtes qui offriraient un cadre pour n¨¦gocier sur toutes les questions qui s¨¦parent encore les parties.

Il convient d¡¯observer ¨¤ ce propos que les Etats arabes ont d¨¦clar¨¦ ¨¤ plusieurs reprises23?que 1¡¯acceptation des propositions de la Commission ¨¦tait subordonn¨¦e ¨¤ une double condition ? premi¨¨rement, l¡¯acceptation par le Gouvernement d¡®Isra?l des dispositions de la ?pr¨¦voyant le retour des r¨¦fugi¨¦s dans leurs foyers et le versement d¡¯une indemnit¨¦ ¨¤ titre de compensation; deuxi¨¨mement, 1¡¯engagement de la part d¡¯Isra?l d¡¯ex¨¦cuter cette . Bien que la Commission ait d¨¦clar¨¦ ne pouvoir accepter que des conditions soient mises ¨¤ 1¡¯ouverture d¡¯une proc¨¦dure conforme ¨¤ , la position prise par les Arabes demeura inchang¨¦e.

16. Position des Etats arabes ¨¤ 1¡¯¨¦gard de la r¨¦installation

A la suite des visites qu¡¯elle faites dans les capitales respectives des Etats arabes, la Commission s¡¯est vue oblig¨¦e de conclure qu¡¯il n¡¯y avait plus lieu de poursuivre ses efforts en vue d¡¯¨¦tablir des comit¨¦s mixtes. Au cours de ces visites, elle a n¨¦ammoins recueilli l¡¯impression que les Gouvernements des Etats arabes ¡°sont de plus en plus enclins ¨¤ estimer que le retour des r¨¦fugi¨¦s dans leurs foyers ne pourra constituer une solution compl¨¨te du probl¨¨me et que, par cons¨¦quent, il est n¨¦cessaire pour le r¨¦soudre d¡¯une fa?on compl¨¨te et d¨¦finitive, d¡¯envisager aussi l¡¯installation, temporaire ou permanente, d¡¯un nombre consid¨¦rable de r¨¦fugi¨¦s dans les pays arabes.¡±24.

17. Proposition ant¨¦rieure de rapatriement de 1¡¯Etat d¡¯Isra?l

Dans son , le Gouvernement d¡¯Isra?l a indiqu¨¦ que sa proposition ant¨¦rieure de rapatrier un certain nombre de r¨¦fugi¨¦s ne pouvait ¨ºtre maintenue ind¨¦finiment. Le ³¾¨¦³¾´Ç°ù²¹²Ô»å³Ü³¾?mentionnait que :

¡°Ce n¡¯est qu¡¯¨¤ la suite de la guerre engag¨¦e par les Etats arabes que la question des r¨¦fugi¨¦s s¡¯est pos¨¦e. Il aurait donc sembl¨¦ raisonnable que les Etats qui ont cr¨¦¨¦ ce probl¨¨me tragique assument la principale responsabilit¨¦ de sa solution, notamment en raison de leurs liens de parent¨¦ avec les Arabes victimes de leur agression. N¨¦ammoins, le Gouvernement isra¨¦lien, en vue de faciliter le commencement des pourparlers de paix, a , le 3 ao?t 1949, qu¡¯il ¨¦tait pr¨ºt ¨¤ envisager le rapatriement ¡ª dans le cadre d¡¯un r¨¨glement de la paix et en tant qu¡¯¨¦l¨¦ment d¡¯une solution g¨¦n¨¦rale du probl¨¨me des r¨¦fugi¨¦s ¡ª d¡¯un nombre d¡¯Arabes r¨¦fugi¨¦s le plus ¨¦l¨¨ve possible, compte tenu des possibilit¨¦s ¨¦conomiques et de la s¨¦curit¨¦ nationale telles qu¡¯elles apparaissaient alors. Isra?l esp¨¦rait que si chacun des Gouvernements du Proche-Orient acceptait de fixer, d¡¯apr¨¨s ce crit¨¨re, sa contribution ¨¤ la r¨¦installation des r¨¦fugi¨¦s, un r¨¨glement rapide et ¨¦quitable interviendrait.

¡°…La Commission n¡¯¨¦tait pas parvenue ¨¤ obtenir des Etats arabes un engagement de m¨ºme caract¨¨re ou une offre quelconque de collaboration avec Isra?l et l¡¯Organisation des Nations Unies ¨¤ un effort sur le plan r¨¦gional pour assurer la r¨¦installation des r¨¦fugi¨¦s. Au contraire, les Etats arabes ont repouss¨¦ l¡¯offre d¡¯Isra?l sans offrir, pour leur part, ni contribution, ni sacrifice. La main tendue par Isra?l n¡¯a pas ¨¦t¨¦ saisie, elle ne pouvait rester tendue ind¨¦finiment.¡±25?

De plus, lors d¡¯une r¨¦union26?de la Commission ¨¤ New-York le 30 octobre 1950, M. Palmer informa la Commission qu¡¯au cours d¡¯une conversation officieuse, M. Eban lui avait dit qu¡¯¨¦tant donn¨¦ que le Gouvernement d¡¯ Isra?l n¡¯¨¦tait plus en mesure d¡¯accepter le retour du nombre de r¨¦fugi¨¦s qu¡¯i1¡¯avait pr¨¦c¨¦demment offert d¡¯accueillir, il serait inopportun de laisser ces derniers esp¨¦rer encore qu¡¯une partie d¡¯entre eux serait, rapatri¨¦e. L¡¯entretien de cette illusion leur ferait peut-¨ºtre refuser les propositions de r¨¦installation.

M. Palmer a fait ¨¦galement conna?tre ¨¤ la Commission qu¡¯i1 avait expliqu¨¦ aux repr¨¦sentants isra¨¦liens que leur Gouvernement aurait tout ¨¤ gagner ¨¤ faire une d¨¦claration sur son attitude quant au principe du rapatriement. Il a ajout¨¦ qu¡¯il ne semblait pas pour 1e moment que le Gouvernement d¡¯Isra?l fait f?t ¨¤ faire une telle d¨¦claration:

18. Points de vue de la Commission

En Octobre 1950, dans son , la Commission a fait, la d¨¦claration suivante:

¡°Il y a maintenant deux ans que les hostilit¨¦s ont pris fin en Palestine. La Commission estime indispensable de souligner 1¡¯urgente n¨¦cessite de prendre des mesures permettant de r¨¦gler rapidement la crise palestinienne en raison de la situation mondiale et du sort tragique d¡¯un tr¨¨s grand nombre de r¨¦fugi¨¦s arabes en faveur de qui tous les efforts possibles doivent ¨ºtre faits sans d¨¦lai.

¡°De toutes les questions que cette crise a soulev¨¦es, c¡¯est celle des r¨¦fugi¨¦s qu¡¯il importe r¨¦soudre le plus rapidement. Conform¨¦ment au principe pos¨¦ par l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale dans sa , les Etats arabes ont demand¨¦ avec insistance le retour de ces r¨¦fugi¨¦s dans leurs loyers, ainsi que l¡¯acceptation de ce principe par le Gouvernement d¡¯Isra?l et le versement d¡¯une compensation. De son c?t¨¦, Isra?l a affirm¨¦ ¨¤ maintes reprises qu¡¯il ne pouvait pas accepter le retour massif des r¨¦fugi¨¦s dans leurs foyers, retour que les Etats arabes exigent comme condition pr¨¦alable ¨¤ la discussion des autres questions en litige.

¡°La Commission a toujours ¨¦t¨¦ guid¨¦e dans ses travaux par la ?par l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale pr¨¦voyant que les r¨¦fugi¨¦s d¨¦sireux de regagner leurs foyers et d¡¯y vivre en paix avec leurs voisins devraient pouvoir le faire. La Commission estime en m¨ºme temps que, compte tenu de 1¡¯int¨¦r¨ºt des r¨¦fugi¨¦s eux-m¨ºmes, il faudra ¨¦galement prendre en consid¨¦ration pour l¡¯avenir l¡¯installation dans les pays arabes des r¨¦fugi¨¦s ne regagnant pas leurs foyers, leur rel¨¨vement ¨¦conomique et le versement d¡¯une compensation, conform¨¦ment aux recommandations qui ¨¦taient ¨¦galement contenue ¨¤ dans le °ù¨¦²õ´Ç±ô³Ü³Ù¾±´Ç²Ô pr¨¦cit¨¦e. De l¡¯avis de la Commission, il faudrait mettre les r¨¦fugi¨¦s pleinement en mesure de se rendre compte du fait que les conditions d¡¯existence qu¡¯ils trouveraient ¨¤ leur retour dans leurs foyers seraient tr¨¨s diff¨¦rentes de celles auxquelles ils ¨¦taient accoutumes. Comme elle l¡¯a indiqu¨¦ dans son pr¨¦c¨¦dent rapport, la Commission estime que les r¨¦fugi¨¦s qui d¨¦cident de ne pas rentrer dans leurs foyers devraient recevoir, et ¨ºtre avis¨¦s qu¡¯ils recevront une juste indemnit¨¦ pour la perte de leurs biens conform¨¦ment ¨¤ la disposition de la ?par l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale.¡±27

C. Le probl¨¨me du rapatriement et le point de vue des r¨¦fugi¨¦s

Quels sont les sentiments des r¨¦fugi¨¦s eux-m¨ºmes en ce qui concerne leur rapatriement en Isra?l?

D¡¯apr¨¨s les opinions exprim¨¦es par divers groupes et organismes de r¨¦fugi¨¦s, ces derni¨¨res sont unanimes pour insister sur leur droit de rentrer dans leurs foyers. Au cours des r¨¦unions qui se sont tenues ¨¤ Beyrouth et ¨¤ Lausanne en 1949, le Commission a entendu des repr¨¦sentants de groupements de r¨¦fugi¨¦s, notamment des repr¨¦sentants du Congres de r¨¦fugi¨¦s de Ramallah, du Groupement des Propri¨¦taires arches de Haifa, du des habitants de la villa et du district de Jaffa, ainsi que d¡¯autres groupements. Ces porte-paroles des r¨¦fugi¨¦s ont tous d¨¦clar¨¦ que les r¨¦fugi¨¦s avaient le droit de rentrer dans leurs foyers et souhaitaient y rentrer. Cette d¨¦claration a ¨¦t¨¦ renouvel¨¦e maintes fois, tant au sein des r¨¦unions de ces groupements de r¨¦fugi¨¦s que dans les communications que ceux-ci ont adress¨¦es ¨¤ la Commission. On ignore toutefois jusqu¡¯a quel point ces organisations refl¨¨tent les sentiments des r¨¦fugi¨¦s, et l¡¯on ne sait pas qu¡¯elle serait la proportion des r¨¦fugi¨¦s qui choisiraient en fait de rentrer dans leurs foyers ¨¤ ils connaissaient les conditions de ce retour.

On se trouve logiquement amen¨¦ ¨¤ se demander pourquoi la Commission de conciliation n¡¯a jamais pris de mesures pour savoir quels sont, parmi les r¨¦fugi¨¦s, ceux qui d¨¦sirent rentrer dans leurs foyers et ceux qui ne le d¨¦sirent pas.

Pour des raisons d¡¯¨¦quit¨¦ sur le plan moral, d¡¯opportunit¨¦ sur le plan politique, et de r¨¦alisme sur le plan pratique, la Commission a estim¨¦ qu¡¯¨¤ aucun moment, au cours des deux ann¨¦es et demie qui viennent de s¡¯¨¦couler, une telle initiative n¡¯aurait pu ¨ºtre prise sans de graves inconv¨¦nients.

En formulant les objections d¡¯ordre moral, on pensait surtout aux r¨¦fugi¨¦s eux-m¨ºmes qui, estimait la Commission, ne doivent servir de terrain a des manoeuvres politiques. Une enqu¨ºte men¨¦e aupr¨¨s des r¨¦fugi¨¦s pour savoir s¡¯ils d¨¦sirent rentrer en Isra?l ne pouvait ¨ºtre que si les r¨¦fugi¨¦s ¨¦taient pleinement ¨¦clair¨¦s sur les diverses solutions entre lesquelles ils auraient ¨¤ choisir. A aucun moment, la Commission n¡¯a ¨¦t¨¦ en mesure d¡¯indiquer avec pr¨¦cision ces diverses solutions. On savait que les r¨¦fugi¨¦s auraient ¨¤ choisir entre la possibilit¨¦ de rentrer dans leurs foyers et celle de n¡¯y pas rentrer. Mais quelles seraient en fait les conditions de vie qui leur seraient offertes dans l¡¯un ou l¡¯autre cas? A moins de pouvoir r¨¦pondre ¨¤ cette question, la Commission ne pouvait accepter de participer ¨¤ une enqu¨ºte qui aurait pour r¨¦sultat de faire na?tre, parmi les r¨¦fugi¨¦s, des espoirs dont la realisation ne reposait sur aucune donn¨¦e certaine. D¡¯ailleurs, le r¨¦sultat d¡¯une telle un enqu¨ºte d¨¦pondrait essentiellement de la nature m¨ºme des solutions envisag¨¦es. En effet, il est certain que les r¨¦fugi¨¦s seraient beaucoup plus nombreux ¨¤ opter en faveur du rapatriement s¡¯ils devaient choisir entre le retour dans leurs foyers et le maintien dans un camp de r¨¦fugi¨¦s que s¡¯ils devaient choisir entre l¡¯h¨¦bergement dans un camp d¡¯immigrants en Isra?l et la r¨¦installation dans un pays arabe. La Commission n¡¯a pu renseigner les r¨¦fugi¨¦s sur les possibilit¨¦s qui leur sont offertes parce que d¡¯une part, il lui a ¨¦t¨¦ impossible d¡¯obtenir les ¨¦l¨¦ments d¡¯information n¨¦cessaires et parce que, d¡¯autre part, les conditions elles-m¨ºmes changent constamment. C¡¯est l¨¤ une difficult¨¦ qui a pour cause des raisons d¡¯ordre pratique et politique. En effet, la Commission se trouvait mat¨¦riellement dans l¡¯impossibilit¨¦ de savoir si la maison d¡¯un r¨¦fugi¨¦ ¨¦tait d¨¦truite ou si elle existait encore, si cette maison ¨¦tait vide ou si elle ¨¦tait occup¨¦e par des immigrants isra¨¦liens, si les terres de ce r¨¦fugi¨¦s ¨¦taient cultiv¨¦es ou laiss¨¦es ¨¤ l¡¯abandon. Il ¨¦tait ¨¦galement impossible ¨¤ la Commission de conna?tre exactement les plans du Gouvernement d¡¯Isra?l concernant les r¨¦fugi¨¦s qui pourraient rentrer dans leurs foyers. De toute ¨¦vidence, ces plans varieraient selon le nombre des r¨¦fugi¨¦s dont il faudrait s¡¯occuper. La Commission s¡¯est efforc¨¦e d¡¯obtenir des renseignements sur ces deux points. En ce qui concerne le premier, elle a envoy¨¦ le Comit¨¦ Technique ¨¦tudier la question sur place. En ce qui concerne le second, elle a demand¨¦ des renseignements aux repr¨¦sentants d¡¯Isra?l qui se trouvaient ¨¤ Lausanne. Dans les deux cas, elle n¡¯a obtenu que des r¨¦ponses vagues et peu satisfaisantes, soit que la nature m¨ºme du probl¨¨me ne permit pas d¡¯autre r¨¦ponse, soft que les autorit¨¦s comp¨¦tentes aient h¨¦sit¨¦ ¨¤ faire conna?tre leur pens¨¦e.

Il a ¨¦t¨¦ ¨¦galement impossible ¨¤ la Commission de savoir dans quelles conditions les r¨¦fugi¨¦s seraient r¨¦install¨¦s dans les pays arabes car, l¨¤ aussi, ces conditions ¨¦taient appel¨¦es ¨¤ varier selon le nombre des r¨¦fugi¨¦s ¨¤ r¨¦installer. Enfin, le Gouvernement d¡¯Isra?l a refus¨¦ d¡¯envisager le rapatriement en masse des r¨¦fugi¨¦s avant la conclusion de la paix. Etant donn¨¦ l¡¯attitude des Etats arabes, la date de ce rapatriement reste vague et lointaine. Ainsi donc, m¨ºme si la Commission avait pu faire conna?tre exactement aux r¨¦fugi¨¦s les solutions entre lesquelles ils auraient ¨¤ choisir, elle n¡¯aurait ¨¦t¨¦ en mesure ni de leur indiquer la date de leur rapatriement ni de leur garantir que les conditions de rapatriement ne seraient pas modifi¨¦es d¡¯ici cette date.

Il existe une autre objection d¡¯ordre moral que la Commission a ¨¦galement formul¨¦e ¨¤ propos de cette enqu¨ºte, et c¡¯est l¡¯impossibilit¨¦ de garantir l¡¯impartialit¨¦ des r¨¦sultats. Etant donn¨¦ l¡¯attitude des Etats arabes ¨¤ l¡¯¨¦gard du rapatriement des r¨¦fugi¨¦s, on avait quelque raison de penser que les r¨¦fugi¨¦s se trouvant dans des territoires plac¨¦s sous l¡¯autorit¨¦ des Etats arabes pourraient ¨ºtre influenc¨¦s sur l¡¯¨¦tat d¡¯esprit qui r¨¨gne dans ces pays. En effet, la Commission n¡¯avant aucun moyen de contr?ler les r¨¦sultats d¡¯une telle enqu¨ºte qui, pratiquement, aurait pr¨¦sent¨¦ de s¨¦rieuses difficult¨¦s techniques. Il est ¨¦vident que la fa?on la plus simple d¡¯obtenir les renseignements d¨¦sir¨¦s auraient consist¨¦ ¨¤ faire remettre aux r¨¦fugi¨¦s des questionnaires ¨¤ remplir et ¨¤ renvoyer ensuite ¨¤ la Commission. Si 1¡¯on pense que le nombre des r¨¦fugi¨¦s s¡¯¨¦l¨¨ve ¨¤ plus de 750.000, on imagine l¡¯¨¦normit¨¦ de la t?che. D¡¯ailleurs, ¨¤ moins d¡¯en confier l¡¯application uniquement au personnel des Nations Unies, c¡¯est l¨¤ un syst¨¨me qui n¡¯offre aucune garantie contre des possibilit¨¦s de fraude ou de pression exerc¨¦es sur les r¨¦fugi¨¦s pour influencer leur d¨¦cision, ou encore, contre une possible falsification des signatures. L¡¯utilisation d¡¯un personnel des Nations Unies aurait en outre entra?n¨¦ des faits que ne justifie pas l¡¯int¨¦r¨ºt discutable des renseignements ainsi obtenus. En effet, non seulement ces renseignements n¡¯auraient pas refl¨¦t¨¦ exactement les v¨¦ritables int¨¦r¨ºts des r¨¦fugi¨¦s, mais leur valeur pratique aurait ¨¦t¨¦ minime tant pour r¨¦gler la question des r¨¦fugi¨¦s que pour aider ¨¤ ¨¦tablir la paix.

En ce qui concerne les raisons d¡¯opportunit¨¦ sur le plan politique, la d¨¦termination du chiffre pr¨¦cis des r¨¦fugi¨¦s d¨¦sirant ¨ºtre rapatri¨¦s, chiffre qui, ¨¦tant donn¨¦ les circonstances sera naturellement ¨¦lev¨¦, n¡¯aurait eu d¡¯autre r¨¦sultat que de limiter la port¨¦e des n¨¦gociations et d¡¯obliger Isra?l a repousser le principe m¨ºme du rapatriement puisque, en pratique, il aurait ¨¦t¨¦ impossible de le mettre ¨¤ ex¨¦cution. Un tel refus de la part d¡¯Isra?l rendu les n¨¦gociations dans d¡¯autres domaines encore plus difficiles qu¡¯elles ne l¡¯ont ¨¦t¨¦ jusqu¡¯ici.

De plus les Etats arabes ont toujours insiste pour obtenir d¡¯Isra?l qu¡¯il accepte le principe du droit des r¨¦fugi¨¦s de rentrer dans leurs foyers et non plus l¡¯admission, sur son territoire, d¡¯un nombre d¨¦termine de r¨¦fugi¨¦s. Tout essai de la part de la Commission de parvenir ¨¤ d¨¦terminer un nombre de ce genre aurait pu m¨¦contenter les Etats arabes, surtout si l¡¯on avait employ¨¦ une proc¨¦dure dont ils auraient pu s¡¯offenser du fait que l¡¯on aurait pu para?tre contester les r¨¦sultats de cette enqu¨ºte.

Une autre difficult¨¦ d¡¯ordre politique ¨¤ laquelle se heurtait la Commission dans ce domaine ¨¦tait le refus d¡¯Isra?l de traiter la question des r¨¦fugi¨¦s, s¨¦par¨¦ment de toutes les autres questions en suspens.

DEUXIEME PARTIE

LA SITUATION ACTUELLE

A.

La r¨¦daction de ?indique clairement que l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale d¨¦sire que l¡¯on passe du plan des principes ¨¤ celui des solutions pratiques, en insistant avant tout sur la question des r¨¦fugi¨¦s. En fait, la seule instruction pr¨¦cise donn¨¦e ¨¤ la Commission de conciliation d¡¯apr¨¨s cette °ù¨¦²õ´Ç±ô³Ü³Ù¾±´Ç²Ô concerne la cr¨¦ation d¡¯un Office pour les r¨¦fugi¨¦s fonctionnant sous sa direction. Les autres dispositions de la °ù¨¦²õ´Ç±ô³Ü³Ù¾±´Ç²Ô s¡¯adressent plus aux parties int¨¦ress¨¦es qu¡¯¨¤ la Commission elle-m¨ºme. Cette insistance sur le passage du plan des discussions g¨¦n¨¦rales ¨¤ celui, des mesures concr¨¨tes se retrouve ¨¦galement dans les paragraphes concernant l¡¯Office pour les r¨¦fugi¨¦s. Alors que la ?donne pour instruction ¨¤ la Commission de ¡°faciliter¡± le rapatriement, la r¨¦installation, le rel¨¨vement et la compensation des r¨¦fugi¨¦s, celle de 1950 charge la Commission, par l¡¯interm¨¦diaire de son Office pour les r¨¦fugi¨¦s, de prendre des ¡°dispositions¡± et de rechercher des solutions ? pratiques ? ¨¤ cette fin.

B. Suggestions concernant une proc¨¦dure applicable

En discutant des dispositions pratiques que l¡¯on pourrait ¨¦laborer ¨¤ l¡¯heure actuelle pour le rapatriement, il ne faut pas perdre de vue, comme il est indiqu¨¦ plus haut, que la Commission de conciliation n¡¯a pu jusqu¡¯ici, entreprendre de classer les r¨¦fugi¨¦s en deux grandes cat¨¦gories selon que ¨¤ eux ci d¨¦siraient ou ne d¨¦siraient pas rentrer dans leurs foyers, ainsi que le recommandait la °ù¨¦²õ´Ç±ô³Ü³Ù¾±´Ç²Ô de 1948. Cette classification doit se faire d¡¯apr¨¨s la d¨¦cision prise, en toute libert¨¦, par les r¨¦fugi¨¦s eux-m¨ºmes. Toutefois, ces derniers ne peuvent prendre leur d¨¦cision en toute connaissance de cause que si les solutions qui s¡¯offrent ¨¤ eux leur sont clairement expos¨¦es. Ces solutions possibles, qui d¨¦pendent en fait des conditions dans lesquelles doit s¡¯effectuer pratiquement le rapatriement ou la r¨¦installation, ainsi que le paiement des indemnit¨¦s de compensation, les r¨¦fugi¨¦s ne les connaissaient pas et ne pouvaient pas les conna?tre. En effet, il n¡¯y a eu aucun cas de rapatriement ou de r¨¦installation que la Commission pourrait citer pour dire aux r¨¦fugi¨¦s: ¡°Voil¨¤ les conditions dans lesquelles vous serez rapatries en Isra?l et voila les conditions dans lesquelles vous serez r¨¦install¨¦s dans tel ou tel pays arabes. C¡¯est ¨¤ vous de d¨¦cider maintenant.¡±

D¨¨s mars 1949, la Commission avait recours ¨¤ la seule mesure concr¨¨te qu¡¯il lui ¨¦tait possible de prendre, en d¨¦clarant que la disposition du paragraphe 11 de la ?recommandant le rapatriement des r¨¦fugi¨¦s qui d¨¦siraient rentrer en Isra?l, avait pour corollaire que les r¨¦fugi¨¦s qui ne d¨¦sirent pas rentrer dans leurs foyers seraient r¨¦installables ailleurs. A ce propos la Commission d¨¦clarait dans son deuxi¨¨me rapport p¨¦riodique28?? qu¡¯il est n¨¦ammoins sage de pr¨¦voir le cas o¨´ une partie des r¨¦fugi¨¦s d¨¦cidera de ne pas rentrer. I1 faut donc pr¨¦voir un engagement de principe de la part des Etats arabes d¡¯accepter la r¨¦installation de ceux, parmi les r¨¦fugi¨¦s, qui ne d¨¦sireraient pas rentrer dans leurs foyers.¡± Depuis, la Commission a obtenu l¡¯acceptation de certains gouvernements arabes de r¨¦installer sur leur territoire les r¨¦fugi¨¦s appartenant ¨¤ la deuxi¨¨me cat¨¦gorie.

Cependant, l¡¯accord de principe que l¡¯on vient de mentionner n¡¯a pas conduit, en fait, au fractionnement de la question des r¨¦fugi¨¦s car les Etats arabes, restant sur leur position, ont d¨¦clar¨¦ qu¡¯ils n¡¯entreprendraient de r¨¦installer sur leur territoire que les r¨¦fugi¨¦s restant, une fois termin¨¦es les op¨¦rations de rapatriement en Isra?l. De son c?t¨¦, Isra?l a fait d¨¦pendre jusqu¡¯¨¤ pr¨¦sent la question du rapatriement d¡¯un r¨¨glement g¨¦n¨¦ral de paix. En ce qui concerne les r¨¦fugi¨¦s eux-m¨ºmes, il n¡¯y a donc pas eu de cas concret de rapatriement ou de r¨¦installation ni de paiement d¡¯indemnit¨¦ qui les aiderait ¨¤ choisir au mieux de leurs int¨¦r¨ºts entre les solutions qui leur sent offertes.

Pr¨¦c¨¦demment la Commission avait entam¨¦ des n¨¦gociations avec le Gouvernement d¡¯Isra?l au sujet du nombre?de r¨¦fugi¨¦s qui pourraient ¨ºtre autoris¨¦s ¨¤ rentrer dans leurs foyers, mais il ne semble pas souhaitable, dans les circonstances actuelles, de poursuivre dans cette voie, et ceci pour trois raisons

(a) Etant donn¨¦ les charges que fait peser sur Isra?l l¡¯immigration juive, et consid¨¦rant les difficult¨¦s ¨¦conomiques auxquelles doit faire face le nouvel Etat, l¡¯offre formul¨¦e par ce dernier sera probablement si minime que les r¨¦fugi¨¦s pourraient la juger offensante et les gouvernements arabes absolument inacceptable.

(b) Le fait de fixer un chiffre quelconque serait contraire ¨¤ la lettre et ¨¤ l¡¯esprit de la ?qui ¨¦nonce express¨¦ment le droit de tous les r¨¦fugi¨¦s qui le d¨¦sirent, de rentrer dans leurs foyers es plus t?t possible et de vivre en paix avec leurs voisins.

(c) M¨ºme si l¡¯on parvenait ¨¤ se mettre d¡¯accord pour rapatrier un nombre?d¨¦termine de r¨¦fugi¨¦s, l¡¯application de cet accord poserait pour la Commission un probl¨¨me extr¨ºmement grave. En effet, ¨¤ qui appartiendra-t-il de choisir, sur es nombre total des r¨¦fugi¨¦s, les 20.000, 50.000 ou 100.000 personnes qui, par exemple, seront autoris¨¦es rentrer dans leurs foyers? Aux termes des °ù¨¦²õ´Ç±ô³Ü³Ù¾±´Ç²Ôs de l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale, ni la Commission de conciliation, ni l¡¯Office de secours of de travaux, ni les gouvernements arabes qui ont accueilli des r¨¦fugi¨¦s, n¡¯ont autorit¨¦ pour proc¨¦der ¨¤ un tel choix ¡ª et encore moins pour ex¨¦cuter les d¨¦cisions r¨¦sultant de ce choix. En fait, la °ù¨¦²õ´Ç±ô³Ü³Ù¾±´Ç²Ô cit¨¦e plus haut ne formule que trois r¨¦serves (i) les r¨¦fugi¨¦s qui ne d¨¦sirent pas rentrer dans leurs foyers ne rentreront pas; (ii) les r¨¦fugi¨¦s que l¡¯on pr¨¦sume ne pas ¨ºtre d¨¦cid¨¦s ¨¤ vivre en paix avec leurs voisins, ne rentreront pas; (iii) les r¨¦fugi¨¦s ne devront pas rentrer chez eux avant la date jug¨¦e ¡°possible ?.

Il est sugg¨¨re qu¡¯en ¨¦tudiant toute nouvelle politique qu¡¯il se propose de suivre au sujet du rapatriement, l¡¯Office veuille bien se souvenir qu¡¯i1 serait souhaitable ¡ª comme on l¡¯a indique plus haut¡ª de fractionner le probl¨¨me afin de faciliter in recherche d¡¯une solution concr¨¨te et pratique. Les termes du paragraphe 11 de la °ù¨¦²õ´Ç±ô³Ü³Ù¾±´Ç²Ô de l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale du 11 d¨¦cembre 1948 sugg¨¨rent une m¨¦thode qui permettrait d¡¯y parvenir.

D¡¯apr¨¨s la m¨¦thode propose, on classerait les r¨¦fugi¨¦s en cat¨¦gories d¡¯apr¨¨s leur profession, leur lieu d¡¯origine, l¡¯importance num¨¦rique de leur famille, etc. Le Gouvernement d¡¯Isra?l serait invit¨¦ ¨¤ proc¨¦der ¨¤ un nouvel examen du probl¨¨me en tenant compte de cette nouvelle classification. Le Gouvernement ¡ª apr¨¨s avoir pris en consid¨¦ration les besoins of les exigences d¡¯Isra?l dans le domaine ¨¦conomique ¡ª arriver peut-¨ºtre ¨¤ la conclusion que, par exemple, les forgerons ou les charpentiers ou des groupes familiaux d¡¯une certaine importance, ou encore les personnes qui habitaient anciennement la Galil¨¦e occidentale, pourraient utilement ¨ºtre rapatri¨¦s et ¨ºtre r¨¦int¨¦gr¨¦s dans l¡¯¨¦conomie d¡¯Isra?l ¨¤ une date tr¨¨s rapproch¨¦e. Aux termes de la °ù¨¦²õ´Ç±ô³Ü³Ù¾±´Ç²Ô de l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale, cela signifierait que le Gouvernement d¡¯Isra?l consid¨¨re que ¡°le plus t?t possible¡± pour le retour des groupes ¨¦num¨¦r¨¦s, serait, par exemple, l¡¯automne 1951. Ce Gouvernement conserverait, naturellement, le droit d¡¯exclure de ces groupes, les personnes que l¡¯on pr¨¦sume ne pas ¨ºtre d¨¦cid¨¦es ¡°¨¤ vivre en paix avec leurs voisins¡±, et le moment venu devra, d¡¯accord avec la Commission de conciliation, ¨¦tablir les crit¨¨res qui r¨¦giront ce filtrage.

D¡¯autre part, il se peut qu¡¯apr¨¨s avoir examin¨¦ la question, le Gouvernement d¡¯Isra?l estime qu¡¯il ne sera pas possible, avant un certain temps et peut-¨ºtre m¨ºme avant plusieurs ann¨¦es, d¡¯autoriser la retour d¡¯autres groupes de personnes, par exemple, des personne r¨¦sidant pr¨¦c¨¦demment ¨¤ Jaffa, ou bien des travailleurs agricoles ou encore des manouvres.

Une telle politique aurait pour principal avantage non seulement de ne pas g¨ºner, mais de faciliter les efforts que tente actuellement l¡¯Office de secours et de travaux ¡ª et que tentera peut ¨ºtre aussi par in suite la Commission de conciliation en vue de r¨¦installer les r¨¦fugi¨¦s dans des pays arabes.

Les r¨¦fugi¨¦s appartenant aux cat¨¦gories ¨¦tablies d¡¯apr¨¨s le lieu d¡¯origine ou la profession ou ¨¤ d¡¯autres cat¨¦gories dont le rapatriement ne pourra se faire avant une date assez lointaine se trouveront devant deux ¨¦ventualit¨¦s bien nettes, celle d¡¯accepter d¡¯¨ºtre r¨¦install¨¦s d¨¨s maintenant, et celle de rester dans un camp de r¨¦fugi¨¦s ¡ª peut-¨ºtre sans recevoir de rations de secours ¡ª pendant une tr¨¨s longue p¨¦riode.

En l¡¯absence d¡¯indication quant aux cat¨¦gories, il est bien ¨¦vident que l¡¯annonce qu¡¯un certain nombre?de r¨¦fugi¨¦s sera autoris¨¦ ¨¤ rentrer en Isra?l fera h¨¦siter tous les r¨¦fugi¨¦s ou la plupart d¡¯entre eux, a souscrire ¨¤ des programmes de r¨¦installation parce que chacun d¡¯eux gardera l¡¯espoir qu¡¯il sera au nombre des ¨¦lus autoris¨¦s ¨¤ rentrer.

Outre qu¡¯elle a pour avantage d¡¯offrir pour la premi¨¨re fois aux r¨¦fugi¨¦s des solutions concr¨¨tes ¡ª avec des espoirs concr¨¨te mais limites que suivront in¨¦vitablement des d¨¦ceptions ¡ª cette politique se fonde sur des facteurs que l¡¯on ne saurait n¨¦gliger dans la recherche d¡¯une solution au probl¨¨me palestinien ;

a) La volont¨¦ expresse de l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale;

b) Les droits moraux des r¨¦fugi¨¦s;

c) La demande justifi¨¦e des gouvernements arabes d¡¯appliquer le paragraphe 11 de la ;

d) Les exigences l¨¦gitimes du Gouvernement d¡¯Isra?l dans le domaine ¨¦conomique, social et de la s¨¦curit¨¦, pour que le nouvel Etat puisse vivre et se d¨¦velopper.

Bien entendu, la politique propos¨¦e ne porterait nullement atteinte aux droits des r¨¦fugi¨¦s d¡¯obtenir une compensation pour les biens perdue ou endommag¨¦s, ainsi que le pr¨¦voit la m¨ºme .

Endnotes

1

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4

5Document SR/G/2-12

6Document SR/BM/1-12

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1,

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20

21IS/39-

22IS/40

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24, p.44 ; para 45.

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27A/1367/Add.1

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Document symbol:
Document Type: French text, Working paper
Document Sources: Âé¶¹APP Conciliation Commission for Palestine (UNCCP)
Subject: Refugees and displaced persons, Right of return
Publication Date: 06/07/1951