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PRESIDENT - 64ème Session
Assemblée générale des Nations Unies

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Dialogue de haut niveau sur le financement du développement

New York, le 23 mars 2010

Monsieur le Secrétaire général,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,
Mesdames, Messieurs,

J’ai le plaisir de vous souhaiter à tous la bienvenue à ce dialogue de haut niveau sur le financement du développement.

Nous sommes rĂ©unis aujourd’hui alors que l’économie mondiale ne se remet que lentement et de manière inĂ©gale d’une pĂ©riode d’énormes turbulences. Les pays en dĂ©veloppement, en particulier, continuent Ă  subir de lourdes consĂ©quences d’une crise financière et Ă©conomique qu’ils n’ont pas provoquĂ©e. Cette rĂ©union nous offre une importante occasion d’examiner des dĂ©cisions et de nous mobiliser dans l’action pour faire face aux difficultĂ©s auxquelles ces pays se heurtent, dans le cadre des engagements pris dans le Consensus de Monterrey et dans la DĂ©claration de Doha sur le financement du dĂ©veloppement. Je suis sĂ»r que ce « dialogue Â» produira un apport extrĂŞmement important aux prĂ©paratifs de la rĂ©union plĂ©nière de haut niveau que l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale consacrera cette annĂ©e aux objectifs du MillĂ©naire.

Au départ, la première priorité, pour les pays développés comme pour les pays en développement, est de faire en sorte que la reprise qui suit cette crise soit durable. Le renouveau économique est inégal, et l’existence des conditions d’une croissance durable reste fragile. La croissance du monde en développement devrait rester inférieure à ce qu’elle était avant la crise. La forte baisse des afflux de capitaux privés dans les pays en développement que la crise a provoquée a réduit leurs possibilités d’investissement et de croissance.

Ces phĂ©nomènes sont aggravĂ©s par le fait que la crise actuelle risque d’entraĂ®ner une baisse de l’aide, comme cela s’est dĂ©jĂ  produit dans le passĂ©. Ă€ diverses rĂ©unions internationales, nombre de pays dĂ©veloppĂ©s ont annoncĂ© qu’ils Ă©taient dĂ©cidĂ©s Ă  ne pas laisser leurs difficultĂ©s de financement internes causer une rĂ©duction de l’aide publique qu’ils consacraient au dĂ©veloppement. Mais cela ne suffit pas, et il faudrait, d’urgence, accroĂ®tre le volume, la qualitĂ© et la fiabilitĂ© de l’aide afin de corriger les effets de la crise et d’atteindre les objectifs de dĂ©veloppement arrĂŞtĂ©s au niveau international, dont les objectifs du MillĂ©naire. Ă€ cet Ă©gard, il faut absolument que les pays dĂ©veloppĂ©s honorent l’engagement pris Ă  Monterrey et Ă  Doha de s’efforcer concrètement d’atteindre l’objectif des 0,7 % du PNB consacrĂ©s Ă  l’APD.

La contraction du commerce mondial a aussi eu de lourdes répercussions sur les pays en développement, qui sont tributaires des recettes de l’exportation de produits de base. Pour agir en faveur du développement, il importe de résister à la tentation protectionniste et d’aboutir au Cycle de négociations commerciales de Doha pour le développement à un résultat positif et axé sur le développement. Parallèlement, il faut que la communauté internationale accroisse les ressources dont les pays en développement peuvent bénéficier dans le cadre de l’initiative Aide pour le commerce, afin de leur permettre de surmonter leurs problèmes structurels et de devenir plus compétitifs commercialement et, partant, de se remettre de la crise.
Celle-ci a annulé les progrès accomplis en matière d’allégement de la dette dans le cadre de l’initiative en faveur des pays pauvres lourdement endettés et de l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale. Bien des pays en développement, y compris ceux qui ont bénéficié des initiatives d’allégement de la dette, risquent de tomber dans les affres du surendettement à cause de la réduction des flux de capital, du resserrement des conditions du financement externe et de l’intensification des pressions budgétaires créées par la dépréciation de la monnaie et la hausse des taux d’intérêt.

Enfin, je tiens Ă  souligner que les causes systĂ©miques de la crise actuelle trouvent leur origine dans des dĂ©ficiences fondamentales de la gouvernance Ă©conomique mondiale. Repenser la rĂ©glementation et le contrĂ´le des marchĂ©s financiers est certes un bon point de dĂ©part, mais cela n’empĂŞche pas qu’il y ait un besoin urgent de rĂ©former les grandes institutions de gouvernance de l’économie mondiale, notamment en permettant aux pays en dĂ©veloppement de se faire entendre et de participer davantage. Une telle rĂ©forme est indispensable si l’on veut que ces institutions puissent faire face aux nouveaux problèmes que crĂ©ent la mondialisation et les rĂ©alitĂ©s du XXIe siècle.

Mesdames et Messieurs,

Le Dialogue de haut niveau d’aujourd’hui et de demain revêt une importance critique pour le renforcement de la fondation sur laquelle peut être bâti un système économique mondial plus juste. Faisons-en une étape sur le chemin de l’éradication de la misère déshumanisante qui ruine la vie de tant d’enfants, de femmes et d’hommes.

Je vous remercie.

>> Pour plus d'informations : Dialogue de haut niveau sur le financement du dĂ©veloppement, 23 - 24 mars 2010

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