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Ce processus, lancé en octobre 2009 s’est achevé durant le second semestre de 2010. Le Rapport National évalue la mise en œuvre par le pays du plan d’actions de Bruxelles conformément aux directives établies par le Bureau du Haut Représentant des PMA. Cette évaluation met en relief, les résultats des efforts conjugués du Gouvernement et de la Communauté Internationale ainsi que les obstacles de tous ordres rencontrés et les nouveaux défis. L’évaluation du plan d’actions est suivi de l’analyse des stratégies de réduction de la pauvreté et de promotion d’un développement durable. Le Rapport présente également les objectifs poursuivis à court et moyen termes en vue d’accélérer la croissance économique et d’assurer une meilleure répartition des revenus. Les analyses et les évaluations faites conduisent à la formulation d’un certain nombre de recommandations applicables aux niveaux national, africain et international et destinées à favoriser la croissance et le développement durant la décennie 2010-2020. Ces recommandations sont les suivantes : Au niveau national : mise en place d’un cadre formel et permanent de dialogue entre les Partenaires au développement et la Guinée ; accélération de la mise en œuvre des mesures relatives à l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE ; conclusion rapide du 10ème FED pour la Guinée ; mise en route des mécanismes de financements innovants (taxe sur les billets d’avion, contributions citoyennes, etc.…) ; promotion des envois des migrants et des IDE ; promotion de la coopération sud/sud avec les pays d’Amérique Latine et d’Asie du sud-est ; renforcement de l’efficacité de l’aide ; organisation d’une conférence des donateurs de la Guinée en vue de soutenir le programme de reformes du Gouvernement issu des élections. Au niveau africain : mise en œuvre des projets et programmes d’intégration retenus par la CEDEAO et l’Union Africaine dans les secteurs des infrastructures, du développement rural, de l’industrie, de l’eau, de l’énergie etc. organisation d’une conférence africaine sur les financements innovants en vue de promouvoir des stratégies de mobilisation des ressources additionnelles pour financer les OMD ; annulation de la dette du continent ; préparation et adoption de la Déclaration africaine de la transparence de la gouvernance financière et lutte contre les flux illicites de capitaux ; accélération de la mise en place des institutions panafricaines (Banque d’Investissement, Fonds Monétaire Africain et…) Au niveau international : relecture des OMD à l’horizon 2030 pour intégrer les nouvelles dimensions du développement du continent ; facilitation et accélération par les institutions de Breton Woods et les autres partenaires de la décision du point d’achèvement de l’initiative PPTE en faveur de tous les PMA en vue de l’annulation de leur dette à l’égard de tous les créanciers. Ces deux dernières recommandations découlant des initiatives de la CEA, de l’UA et du Bureau du Haut Représentant des PMA devraient recevoir un consensus avant la conférence d’Istanbul sur les PMA. Introduction Ce Rapport est la contribution de la Guinée aux travaux de la 4ème Conférence des Nations Unies sur les PMA. Rédigé dans l’esprit de la mise en œuvre du plan d’action de Bruxelles, il permettra de saisir la profondeur des problèmes de développement auxquels ce pays est confronté et les perspectives qui s’offrent à lui, au regard de ses ressources naturelles, abondantes et variées. Les analyses faites dans le Rapport montrent finalement, que pour s’en sortir, la Guinée devra compter bien sûr sur ses atouts naturels mais également sur le renforcement des apports financiers et techniques de la communauté internationale, à travers la mise en œuvre d’un ensemble de mesures aux plans national africain et mondial. CONTEXTE Située en Afrique de l’Ouest avec une superficie de 245.857 Km² et une population d’environ 10 millions d’habitants, la République de Guinée a été depuis 2000 le théâtre de crises multiples et récurrentes aux plans politique, économique et social. Au plan politique, la lutte pour la conquête du pouvoir s’est exacerbée à la fin des années 2010. Les partis d’opposition et les syndicats se sont insurgés contre la mal gouvernance politique et économique persistante et exigé la démission du Gouvernement. Il s’en est suivi des mouvements sociaux en juin 2006 et janvier-février 2007. Au lendemain de ces événements, grâce à la médiation de la CEDEAO, un Gouvernement de large consensus fut mis en place auquel succédera, après quinze (15) mois, un Gouvernement de large ouverture, lequel ne survivra pas à la mort du Chef de l’Etat le 22 décembre 2008 et à la prise du pouvoir par l’armée le 23 décembre 2008, sous la direction du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD). L’avènement du CNDD a ouvert une période de transition en 2009 en vue du retour à l’ordre constitutionnel envisagé en 2010. Ce processus est accompagné par un Groupe International de contact sur la Guinée (GICG) mis en place dès janvier 2009. Des troubles politiques et sociaux ont émaillé le processus de la transition dont les plus graves ont été les évènements du 28 septembre et la tentative d’assassinat du Président de la République le 03 décembre 2009. A l’initiative de la CEDEAO et de l’Union Africaine (UA), le Président du Burkina Faso a été désigné médiateur. Grace à l’Accord de Ouagadougou conclu le 15 janvier 2010 une nouvelle transition de 6 mois, un Gouvernement d’union nationale et un Conseil National de la Transition ont été mis en place pour le retour à l’ordre constitutionnel. Le premier tour de l’élection présidentielle s'est tenu le 27 juin 2010. Au plan économique et social, en dépit des énormes potentialités agro-pastorales, minières énergétiques et climatiques, la situation du pays a continué à se dégrader avec des taux de croissance souvent faibles, n’atteignant pas le taux d’accroissement de la population (3,1%) entraînant un seuil de pauvreté de 53 % en 2007. Un déclin a été observé au niveau des investissements publics dont près de 85% sont financés par les Aides extérieures, lesquelles ont été suspendues et/ou gelées par plusieurs partenaires aggravant ainsi la vétusté et la paralysie des infrastructures économiques et sociales. Le poids et le service de la dette ont absorbé les rares ressources disponibles affectant ainsi de façon négative la fourniture de services sociaux de base et rendant plus vulnérables les femmes, les enfants et les personnes du 3ème âge. La monnaie s’est fortement dépréciée et l’inflation a atteint près de 40% en décembre 2006 avec pour conséquence un affaiblissement continu du pouvoir d’achat des consommateurs. Les perturbations climatiques observées au niveau des régions nord-est et nord-ouest du pays, leur invasion par les chenilles, la dégradation de l’environnement, consécutive au séjour prolongé des réfugiés des pays voisins fuyant la guerre civile, la crise financière internationale et la détérioration des termes de l’échange ont eu elles aussi un impact négatif sur les performances de la Guinée durant la décennie écoulée. Cet ensemble de facteurs a fortement affecté le développement du pays durant la période sous-revue. Le Rapport national préparé à l’intention de la 4ème Conférence des Nations Unies sur les PMA fait une évaluation d’ensemble de la mise en œuvre du plan d’actions de Bruxelles, identifie les contraintes et obstacles au développement et définit les politiques et les axes stratégiques prioritaires pour la prochaine décennie en vue de sortir la Guinée du statut de PMA. EVALUATION DE LA MISE EN ŒUVRE DU PLAN D’ACTION DE BRUXELLES 2.1 Objectifs La Guinée, à l’instar des autres pays les moins avancés a mis en œuvre les objectifs du Plan d’actions de Bruxelles, pour promouvoir le développement économique et social et lutter contre la pauvreté. Le premier document de stratégie de réduction de la pauvreté (SRP) adopté en 2002 a été mis en œuvre dans le cadre de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance (FRPC) conclue avec le FMI et la Banque Mondiale. L’objectif ultime de cette stratégie a été la réduction significative et durable de la pauvreté en Guinée à travers l’augmentation des revenus et de l’état de bien-être des populations, notamment les plus pauvres. A court terme, elle visait un taux de croissance annuel moyen de 5 % du PIB global et 1,9% du PIB par habitant. A long terme, la stratégie visait à : (i) réduire l’incidence de la pauvreté monétaire au niveau national de 40,3% en 1994/1995 à 30% en 2010, et dans les zones rurales de 52,5% à 38% durant la même période ; (ii) porter le taux brut de scolarisation au niveau du primaire de 56,7% en 1999/2000 à 100% en 2012 et le taux brut de scolarisation des filles de 44,3% à 100% durant la même période ; (iii) réduire le taux de mortalité infantile de 98‰ en 1999 à 70 ‰ en 2005 et 50 ‰ en 2010 ; (iv) augmenter le taux d’accès à l’eau potable de 49% en 1999 à 80% en 2005 et 100% en 2010. Au regard de ces objectifs, la stratégie a été bâtie autour de trois axes principaux, à savoir : l’accélération de la croissance économique, avec une large opportunité de revenus pour les pauvres, le développement équitable des services sociaux de base, et l’amélioration de la gouvernance ainsi que le renforcement des capacités institutionnelles et humaines. Evaluation d’ensemble Les résultats de la mise en œuvre du Plan d’actions de Bruxelles en Guinée sont très mitigés et contrastés en raison du contexte politique, économique, social et environnemental dans lequel le pays a évolué ces dernières années. Plan économique Après la période de la relative croissance forte des années 1990, la performance économique de la Guinée s’est détériorée à partir de 2000 avec une croissance autour d’une moyenne de 2,8% et une inflation atteignant 40% en 2006. Cette détérioration découle d’un cadre politique affaibli et des chocs exogènes. Il faut citer également le relâchement des politiques macroéconomiques avec la faiblesse de la politique fiscale et une politique monétaire laxiste. La chute des prix des produits miniers, principale source d’exportation du pays, l’intensification de l’insécurité sous-régionale conséquence des conflits en Sierra Leone, au Libéria, en Guinée Bissau et en Côte d’Ivoire et l’afflux massif de réfugiés en Guinée et les pressions que cet afflux a exercées sur les dépenses publiques au détriment des dépenses sociales ont, eux aussi, contribué à affaiblir l’économie du pays et à ralentir sa croissance. En même temps, le déficit budgétaire s’est aggravé dépassant les 5% en moyenne annuelle. La politique monétaire menée a entraîné une forte détérioration du taux change du franc guinéen avec comme conséquence une augmentation de l’inflation qui est passée à deux chiffres. Les différentes contraintes rencontrées par le secteur privé s’en sont suivies empêchant celui-ci de jouer son rôle de moteur de croissance et de créateur d’emplois. L’aggravation des difficultés économiques survenues en 2006 a été à la base des remous sociaux que le pays a connus au début de l’année 2007 et dont les effets ont lourdement affecté l’activité économique. Le taux de croissance du PIB en termes réels n’a été que de 1,8% en 2007 contre 2,5% en 2006. Ce ralentissement de la croissance résulte de la baisse de la production des sous secteurs de la pêche, de l’industrie, des BTP et des administrations dont les poids restent importants dans l’économie nationale. La plupart des autres secteurs ont également connu un ralentissement de leur croissance pour les mêmes raisons. Finalement le relâchement simultané dans la mise en œuvre des réformes économiques combiné avec l’incertitude croissante sur le climat politique et la détérioration de la qualité des institutions publiques ont contribué à la baisse de l’activité économique. Plan social Le faible accès aux services sociaux de base constitue une dimension importante de la pauvreté et une préoccupation essentielle des populations. C’est pour cette raison que l’un des axes de la stratégie du Gouvernement pour réduire la pauvreté porte sur l’éducation, la santé, l’eau et l’assainissement, l’urbanisme et l’habitat, la protection sociale et la prise en compte de la dimension genre. Dans le secteur de l’éducation les objectifs de la SRP ont été la généralisation de l’enseignement de base, l’amélioration de l’accès à l’éducation et de l’équité à tous les niveaux, l’amélioration de la qualité et de l’efficience  de l’enseignement à tous les niveaux et le renforcement de l’éducation non formelle favorisant les filles et les adultes des couches défavorisées. Au niveau du primaire, la mise en œuvre de la SRP a permis d’enregistrer des progrès appréciables. Le taux brut de scolarisation est passé de 72% en 2002 à 79% en 2007. La scolarisation des filles a atteint le taux de brut de 73% en 2007 avant de connaître un fléchissement en 2007, soit 71%. L’écart entre les garçons et les filles s’est ainsi considérablement réduit, avec un ratio de parité qui augmente de 0,74 en 2002 à 0,79 en 2007. La conséquence immédiate de l’augmentation rapide de la scolarisation au primaire durant la période 2002-2007 est la croissance de la demande de scolarisation au secondaire. En effet, le taux d’admission au secondaire est passé de 53% en 2002 à 59% en 2007. De même, le ratio garçons filles au secondaire s’est accru de 0,42 en 2002 à 0,55 en 2007. A l’opposé de la situation des sous-secteurs sus présentés, les effectifs dans les établissements d’enseignement technique et de formation professionnelle ont d’une manière générale stagné sur la période sous revue. Toutefois certains progrès méritent d’être soulignés dans ce sous secteur. Il s’agit notamment de la formation initiale des maîtres pour l’enseignement élémentaire, la formation continue des maîtres, l’implication accrue du secteur privé, l’approche programmes de formation basée sur les compétences, l’accroissement de la disponibilité des ressources matérielles et le renforcement du partenariat entre l’école et l’entreprise. Concernant l’éducation non formelle en particulier l’école de la seconde chance (Centre NAFA), le nombre a augmenté à un rythme de plus de 30% de 2002 à 2007. Ces centres jouissent de plus en plus de reconnaissance comme point d’appui à l’éducation de la jeune fille. Les actions d’alphabétisation fonctionnelle et professionnelle ont permis d’avoir des résultats encourageants. Cependant, les centres NAFA souffrent encore de la faiblesse du taux de transfert vers l’école formelle  et de l’insuffisance de matériels didactiques. L’ensemble des résultats obtenus ces dernières années dans le secteur éducatif est le fruit de l’intervention de l’Etat, des communautés locales, des partenaires au développement (bilatéraux et multilatéraux) et de l’apport considérable de l’initiative privée. En matière de développement équitable des services de soins de santé en Guinée, l’objectif général de la politique sanitaire fixé dans la SRP est d’ «assurer à tous les hommes et femmes vivant sur le territoire, sans barrière géographique, économique et socioculturelle, des services de santé de qualité. Il s’agit de mettre en place en fin de l’année 2010, un système de santé accessible et capable de répondre aux besoins de santé de la population ». Cinq objectifs spécifiques ont été définis dans cette perspective, et ce en vue : (i) de renforcer la prévention et la lutte contre les maladies prioritaires ; (ii) d’améliorer l’accès des pauvres aux services de santé essentiels ; (iii) de renforcer les capacités institutionnelles et de gestion ; (iv) d’améliorer la qualité des services ; et (v) de lutter efficacement contre le VIH/SIDA et les mutilations génitales féminines. Pour atteindre ces objectifs, le Gouvernement a mis en œuvre un Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) comprenant cinq axes stratégiques, à savoir : (i) la lutte contre la maladie et la morbidité ; (i) le renforcement des capacités institutionnelles et de gestion ; (iii) l’amélioration de l’offre et de l’utilisation des services ; (iv) le développement des ressources humaines ; et (v) la promotion de la santé. Des progrès ont été réalisés en matière de rénovation des hôpitaux. Sur une prévision de 18 hôpitaux préfectoraux à réhabiliter à l’horizon 2007, 11 hôpitaux l’étaient déjà entre 2002 et 2005, soit un taux de réalisation de 61%. Dans le cadre de la construction, la plupart des infrastructures nationales prévues ont été réalisées, tels que : le Centre International de Formation pour la lutte contre le cancer ; le Centre antituberculeux ; le Centre d’études supérieures en ophtalmologie ; le siège du Programme national de lutte contre le paludisme, et le Centre de lutte contre la lèpre de Dubréka. Dans le domaine de la réduction de la mortalité maternelle, néo-natale et infantile, les césariennes ont été rendues gratuites dans tous les hôpitaux publics et la couverture vaccinale s’est davantage accrue sur l’ensemble des antigènes. En dépit des ces efforts, le taux de mortalité infantile et le taux de mortalité maternelle restent encore élevés, selon l’Enquête Démographique et de Santé en Guinée (EDSGIII, 2005). La mortalité infanto-juvénile a également baissé de 177‰ à 163 ‰ entre 1999 et 2005. Par contre, la mortalité maternelle a fortement augmenté passant de 528 à 980 naissances pour 100 000. S’agissant de la lutte contre le paludisme, principale endémie dont souffre la population, le moyen de prévention utilisé ces dernières années est l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide. A cet égard, 100 000 moustiquaires ont été distribuées dans tout le pays en 2006 et 365 000 en 2007. L’usage de la moustiquaire n’est cependant pas encore significatif, selon les données d’enquêtes les plus récentes. Il ressort qu’en 2005, si 26,8 % des ménages possédaient au moins une moustiquaire, tous genres confondus, 0,5% seulement possédaient une moustiquaire imprégnée d’insecticide. Dans le domaine de la lutte contre le VIH/SIDA, il convient de mentionner les multiples efforts fournis en matière de sensibilisation, de dépistage, de prise en charge des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) et du renforcement des infrastructures. Le nombre sous traitement antirétroviral (ARV) sur l’ensemble du territoire national a progressé d’année en année pour atteindre 12 094 en 2008 pour une demande de près de 25 000, soit un taux de couverture de 48,3%. Pour ce qui est du nombre de patients fidèles (File active), on note aussi que leur nombre progresse passant de 5 789 en 2007 à 9 104 en 2008, soit 3 315 patients de plus. Ces résultats reflètent l’amélioration de la qualité du traitement les deux années. Quant à la prévention, elle est également active. C’est ainsi que le projet Multisectoriel de lutte contre le VIH/SIDA (PMS) a doté chaque communauté décentralisée et chaque secteur d’activités d’un dispositif de lutte contre le VIH/SIDA. Leurs actions sont orientées essentiellement vers la sensibilisation préventive. Les acteurs de la société civile et les ONG sont fortement impliqués dans le cadre de l’appui technique et parfois matériel. S’agissant de l’urbanisme, de l’habitat et de l’assainissement, le Gouvernement a mené ces dernières années des actions favorisant l’accès des populations guinéennes à des logements et services connexes convenables et la lutte contre les disparités régionales et le sous-équipement des espaces régionaux. Ainsi, le troisième Projet de développement Urbain et le troisième projet Eau et Assainissement appuyés par la Banque Mondiale ont été poursuivis depuis 2000. Sur le plan institutionnel, des restructurations ont été menées pour prendre en compte les nouvelles options de décentralisation et d’implication du secteur privé et de la société civile. Dans le cadre de l’aménagement de terrains à usage d’habitation à prix modéré, il a été procédé à l’aménagement et à l’équipement d’un site sur une superficie de 250 ha. En dépit des efforts consentis, de nombreux problèmes demeurent notamment : (i) l’absence d’un cadastre performant ; (ii) l’absence de mécanisme de financement de l’habitat ; (iii) la prédominance de l’auto construction non encadrée ; (iv) les coûts élevés de régularisation des propriétés et de bornage des domaines. En matière de promotion et de protection sociale, des acquis considérables ont été enregistrés ces dernières années. Ils se rapportent essentiellement à : (i) la signature et la ratification de la convention des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées ; (ii) l’adoption d’une loi portant sur la promotion et la protection des personnes handicapées ; (iii) la réinsertion des personnes handicapées dans la cité de solidarité. S’agissant des infrastructures, un Institut de Jeunes Aveugles est en cours de construction pour agrandir le parc existant des structures d’encadrement des personnes handicapées, à savoir l’Ecole des Sourds-muets et l’Ecole des Aveugles, toutes situées dans la capitale à Conakry. Cependant, ces centres souffrent d’importants dysfonctionnements au niveau des cantines et de la maintenance des équipements. Plan environnemental Les potentialités forestières réparties entre les forêts classées et les autres formations occupent respectivement 4,83% et 53,63% du territoire national. La gestion améliorée de ces ressources constitue au niveau national un sujet de préoccupation dans la mesure où des signes évidents de leur dégradation sont perceptibles. Il s’agit notamment de la disparition progressive des forêts, de l’avancée de certaines formes de désertification mises en relief par la persistance de la sécheresse, la baisse de la fertilité des sols, le déséquilibre des régimes pluviométriques, la réduction de la faune, l’exode rural, etc. Face à la dégradation des ressources naturelles et de l'environnement en Guinée, le Gouvernement avec l'appui des partenaires au développement, a entrepris d'importantes actions. En effet, le droit guinéen de l’environnement s’est notablement enrichi par l’adoption d’une série de textes législatifs et réglementaires de portée globale et sectorielle. La plupart de ces textes ont été promulgués et complétés dans certains cas par leurs textes d’application. Actuellement, l’environnement en général, les forêts, les espèces, les écosystèmes, le milieu marin, les substances minérales, les installations classées, les études d’impact écologique, les pollutions, les sols, l’eau, le foncier, font l’objet de textes spécifiques. Il convient de souligner l’existence de lacunes dans le droit environnemental guinéen ; celles-ci se situent à deux niveaux normatifs : celui des législations sectorielles de base non encore adoptées, et celui des textes complémentaires qu’il reste à prendre, en application des lois existantes. Un élément commun aux textes législatifs guinéens relatifs à la protection de l'environnement est constitué par leur tendance à favoriser la responsabilisation des populations dans la gestion de leur propre environnement. Diverses formes de participation populaire sont encouragées : associations écologiques, collectivités locales, groupements informels ou simples citoyens. La dimension participative du code forestier est également assez marquée. Elle est d’abord sensible dans le fait que le législateur a institué un domaine forestier des collectivités décentralisées. Elle est ensuite notable à travers la reconnaissance des droits d’usage forestier en faveur des populations vivant à l’intérieur ou à proximité des forêts. Elle est enfin perceptible dans l’association des populations rurales et des collectivités décentralisées à l’effort de reboisement. Le code forestier prévoit également la mise au point de programmes destinés à favoriser une meilleure prise de conscience de l’importance des forêts, notamment au moyen de la définition de programmes d’enseignement et de recherche en matière forestière. Des dispositions du même ordre figurent dans le code de la protection de la faune sauvage et de la réglementation de la chasse. De même, le code de l’eau dispose que la gestion des ressources en eau doit être assurée par les collectivités décentralisées de leur ressort. Celles-ci appliquent leurs pratiques coutumières et peuvent s’organiser en associations d’utilisateurs. La sensibilisation à l’environnement, qu’elle prenne la forme de l’éducation de la formation ou de l’information, représente une autre constante des législations environnementales. Le code de l’environnement en confie la responsabilité aux organismes publics et privés d’enseignement, de recherche et d’information. Appui de la communauté internationale : APD, Investissements, commerce, Dette et Bonne gouvernance Le niveau appréciable des performances économiques et financières réalisées par la Guinée en 2000 lui a permis de bénéficier d’un Programme de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la croissance(FRPC) soutenu par le FMI et la Banque Mondiale pour accompagner la mise en œuvre de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté adoptée en 2002. Après le lancement de ce programme, la situation socioéconomique du pays s’est dégradée progressivement sous l’effet de facteurs exogènes et endogènes défavorables, notamment la crise économique mondiale et la mauvaise gouvernance économique et politique du pays, qui ont engendré des mouvements sociaux et une instabilité politique. Pour faire face à ces différentes crises, le Gouvernement avec l’appui des partenaires au développement a mis en place en 2007 un Programme Minimum d’urgence (PMU) qui a permis d’améliorer sensiblement leur participation au processus de développement du pays, soit à travers de nouveaux projets de développement, soit par la réallocation de ressources aux projets existants dans leurs portefeuilles. C’est ainsi, qu’au cours de la période 2007-2008, le montant total des mobilisations des financements s’est chiffré à 1,32 milliards USD. Par catégorie de bailleurs de fonds, les pourcentages des mobilisations se présentent comme suit : bailleurs bilatéraux (17,32%), multilatéraux (56,9%), SNU (10,76%), bailleurs non institutionnels (1,41%) ; Club de Paris (13,62%). Cependant, par rapport aux engagements formels des bailleurs, les décaissements n’ont pas été à la hauteur des attentes. Ils se sont chiffrés à 771,04 millions USD, soit 51,76% hors annulation de la dette. Les décaissements les plus importants concernent respectivement, les secteurs des Travaux publics, du développement rural, de la bonne gouvernance et des appuis institutionnels, de l’éducation et de la santé. L’Union Européenne, le Système des Nations Unies et la Banque mondiale en sont les plus gros contributeurs. L’évaluation de la mise en œuvre de l’aide au cours des deux dernières années fait apparaître des problèmes de capacités d’absorption de l’Etat des ressources affectées par les bailleurs de fonds. Au nombre des facteurs explicatifs de cette situation, on peut citer : (i) la faiblesse des capacités humaines de conception et de mise en œuvre des projets et programmes, (ii) les obstacles administratifs et procéduraux internes, (iii) l’instabilité institutionnelle et les évènements survenus à partir de l’année 2006, et (iv) la complexité des procédures de certains bailleurs de fonds. Conformément à la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide au développement, les bailleurs de fonds se sont accordés, entre autres, sur le principe de l’alignement de l’aide qui prend en compte les priorités définies dans les DSRP de chaque pays. Ainsi, au cours de la période 2007-2008, l’architecture de l’aide s’est présentée comme suit par secteur : Education En terme de résultats, ce secteur a bénéficié de la mise en place en 2008 d’un fonds catalytique de 117 millions de dollars par la Banque mondiale, la France et l’Allemagne pour appuyer l’atteinte des objectifs sectoriels du millénaire pour le développement. Ce fonds commun est destiné au financement de la mise en œuvre du Programme Sectoriel de l’Education (PSE) 2008-2015. Ce financement couvre la période du cadre de dépenses à moyen terme 2008-2010 dans ses composantes Accès, Qualité et Gestion de l’éducation de base. Pour des raisons de mauvaise gouvernance, ce fonds n’a connu aucun décaissement à ce jour. Toutefois, d’autres initiatives des mêmes bailleurs ainsi que d’autres ont permis d’appuyer ce secteur. C’est le cas du SNU, de l’USAID et de Plan Guinée. La part de l’aide apportée à ce secteur est de 9,3% du volume total. Santé Grâce à la mise en œuvre de la politique nationale du développement de la santé (PNDS) en Guinée, la Banque mondiale, le SNU, la coopération allemande et Plan Guinée apportent d’importants soutiens au secteur avec une forte coordination des activités sur le terrain, une meilleure harmonisation et un meilleur alignement aux plans d’actions. L’accent mis sur les résultats et sur l’amélioration du système d’informations entre les bailleurs et le ministère de la santé, permet de mieux programmer les ressources. Le nombre de bailleurs intervenant dans la santé est significatif ; toutefois, comparé aux autres secteurs prioritaires en termes de financement, le secteur ne bénéficie que de 6,11% de toute l’aide hors annulation de la dette apportée à la Guinée. Ces financements restent insuffisants et fragmentés. Population et Genre Le SNU intervient dans l’amélioration de la qualité de vie des populations, à travers les programmes santé de la reproduction, genre, population et développement. L’USAID intervient dans ce secteur pour améliorer le bien être et la productivité de la population à travers les activités liées au genre, l’assistance médico-sociale aux femmes et la formation professionnelle et à l’approvisionnement des populations en eau potable. L’intérêt des bailleurs de fonds à soutenir le secteur reste cependant très limité, avec une part relative de 0,2% du volume total de l’aide. IST/VIH SIDA Bien qu’il y ait une forte mobilisation des partenaires techniques et financiers dans la lutte contre l’épidémie du VIH/SIDA, les besoins de prise en charge des PVVIH s’accroissent de plus en plus. La coopération allemande (GTZ) à travers la composante « Lutte contre le SIDA » intervient de façon active dans ce secteur. Elle s’intéresse à la communication pour le changement de comportement, la prise en charge thérapeutique et psychosociale des personnes vivant avec le VIH/SIDA et le soutien aux associations de PVVIH. La contribution des bailleurs au cours de la période 2007-2008 est estimée à 2% du volume total de l’aide. Décentralisation et développement local En dépit des troubles socio politiques de ces dernières années, la Guinée a enregistré d’importantes évolutions institutionnelles dans ce secteur. Des programmes de renforcement des capacités des services déconcentrés ont été réalisés grâce à l’appui des bailleurs de fonds dont la contribution s’est chiffré à 3,3% du volume total de l’aide reçue par la Guinée. Le code des collectivités a été élaboré et vulgarisé. L’objectif principal de ce processus est de permettre l’appropriation par les populations à la base des outils de préparation, de planification et d’exécution des projets de développement. Bonne gouvernance et appuis institutionnels Depuis près d’une décennie, la problématique de la gouvernance économique et politique constitue une réelle menace pour la conduite à terme des reformes institutionnelles et financières entreprises par la Guinée. Ce qui a aggravé sa situation économique et sociale avec des déséquilibres récurrents des finances publiques, de la balance des paiements et l’érosion du climat politique et social. Les principales causes de la mauvaise gouvernance sont : le manque de rigueur dans la gestion des affaires publiques et la culture de l’impunité, le non respect des règles et procédures établies avec l’absence de contrôles efficaces, la faible productivité des administrations publiques, le manque de moyens techniques, l’insuffisance des capacités humaines et le gel du processus électoral. Compte tenu des impératifs du secteur, plusieurs bailleurs de fonds ont apporté leurs appuis afin d’’améliorer la gouvernance à travers le financement des projets et programmes initiés par le gouvernement et les collectivités locales. La contribution au secteur est de 10,6% du volume total de l’aide. Développement rural La Guinée est dotée d’un potentiel agro-écologique important, caractérisé par l’existence d’une gamme variée de production agricole, un potentiel de pêche d’une croissance annuelle moyenne de 7% avec des moyens industriels toutefois limités. Le sous secteur élevage fait l’objet d’une forte demande intérieure et extérieure des races Zébu et N’dama. De 2007 à 2008, 16 bailleurs de fonds sont intervenus dans le financement des projets et programmes du secteur avec une contribution estimée à 15,1% du volume total de l’aide. Au nombre de ces bailleurs, on peut citer l’UE, le SNU, la banque mondiale et le FIDA. Environnement et développement durable L'environnement guinéen, dans son ensemble, présente aujourd'hui un équilibre assez précaire au regard des impacts négatifs des activités humaines sur les ressources naturelles et les milieux récepteurs sous forme de dégradation du couvert végétal, de tarissement de cours d'eau, d'érosion des sols, de disparition d'espèces biologiques. Face à cette situation, la Guinée a entrepris, avec l'appui de plusieurs partenaires au développement, un certain nombre de programmes visant à enrayer à terme les causes de ces fléaux. Depuis près d’une décennie, le PNUD, la FAO, la Coopération française, l'Union Européenne et l’USAID, ont appuyé plusieurs projets pilotes d'aménagement de bassins versants (situés en Moyenne et en Haute Guinée). Parallèlement à ces projets, d'autres initiatives ont été engagées en Guinée Maritime et en Guinée Forestière grâce à l’assistance de la Coopération Allemande, de la Banque Mondiale, du PNUD et de l’UNESCO. Cependant, au cours de la période 2007-2008, la contribution des bailleurs a été très insignifiante avec 0,1% du volume total de l’aide. Les principales préoccupations autour desquelles les actions et interventions des bailleurs de fonds devraient être impulsées et coordonnées sont : la protection de l'atmosphère, la lutte contre le déboisement, la lutte contre la désertification et la sécheresse, la mise en valeur durable des montagnes, la promotion d'un développement agricole et rural durable, la préservation de la diversité biologique, la protection des zones côtières et la gestion écologiquement rationnelle des déchets dangereux. Tavaux publics et Transports L’un des principaux objectifs du gouvernement en matière de transport et de travaux publics est de doter le pays d’un système de transports urbains, interurbains et internationaux de personnes et de biens performant au moindre coût et dans les meilleures conditions de sécurité. Grace à une forte mobilisation de l’UE et de la banque mondiale, la contribution des bailleurs au développement du secteur est estimée à 24,3% du volume total de l’aide reçue au cours de la période de 2007-2008. Eau – Energie Le secteur Eau-Energie constitue l’une des principales priorités du gouvernement pour l’atteinte des OMD à l’horizon 2015, avec pour objectifs, l’amélioration des conditions de vie des populations et le renforcement de la compétitivité de l’économie. Dans le cadre de la mise en œuvre de la politique nationale de la décentralisation et de lutte contre la pauvreté en milieu rural, la banque mondiale et le Fonds mondial ont mis en place un financement pour l’électrification de certaines CRD (Communautés rurales de développement) à fort potentiel de contribution à la croissance économique. La coopération française a, quant à elle, appuyé l’amélioration de la desserte en eau à Conakry et la lutte contre la fraude sur les installations de la SEEG (Société des Eaux de Guinée). La part de l’aide apportée à ce secteur est de 2,9%. Mines La politique d’augmentation des revenus miniers de l’Etat et leur redistribution équitable demeure l’objectif principal du secteur des mines. L’atteinte de cet objectif passe nécessairement par : (i) la gestion efficiente du patrimoine minier à travers la mise en place d’une politique d’exploitation rationnelle des ressources, (ii) le développement des infrastructures d’accès et (iii) l’appui à l’initiative de transparence dans les industries extractives. Cependant, en raison de l’ouverture de ce secteur aux financements privés et multinational, la part de l’aide au développement apportée est estimée à 0,2%. Sécurité alimentaire et opérations d’urgence Pour atténuer les effets de la crise alimentaire, le SNU, la Banque mondiale, le Japon et la Russie ont apporté d’importants concours financiers à travers les programmes d’aide alimentaire en faveur des populations rurales et démunies. La part de ces concours représente 2,9% de l’aide. Leurs contributions ont permis de réhabiliter la sécurité alimentaire en faveur des ménages affectés, de distribuer du riz aux familles affectées pendant la période de soudure, de ravitailler les cantines scolaires, de distribuer des produits pharmaceutiques, d’octroyer des intrants agricoles aux paysans pauvres, de prendre en charge les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans, d’apporter un appui budgétaire à l’Etat pour atténuer l’impact de la crise sur les finances publiques, de mettre en place le Programme « Travail contre nourriture » et d'améliorer la productivité agricole des petits paysans producteurs dans les zones rurales. 2.4 Dette extérieure. Au titre des relations avec les bailleurs dans le cadre du financement de la pauvreté, le Club de Paris a consolidé 300 millions USD de dettes, dont 160 millions USD d’arriérés et d’intérêts de retard. Ce qui a conduit à l’annulation immédiate de 180 millions USD et au rééchelonnement d’environ 120 millions USD. A titre exceptionnel, les créanciers ont accepté de différer après 2010 le remboursement des arriérés accumulés par la Guinée sur sa dette à court terme et post date butoir, ainsi que sur une partie des échéances dues de la période de consolidation. Les mesures prises devraient permettre de réduire de 415 millions USD à 37 millions USD le service de la dette aux créanciers du Club de Paris entre le 1er janvier 2008 et 31 décembre 2010. Il était prévu également l'annulation de la totalité des créances multilatérales au titre de l’Initiative HYPERLINK "http://www.imf.org/external/np/exr/facts/fre/mdrif.htm" d'allégement de la dette multilatérale (IADM) dès l’atteinte du point d’achèvement. Sur la période 2007/2008, tous les guichets traditionnels de financement de développement ont été ouverts pour la Guinée  y compris les financements bilatéraux. Etant donné les avancées significatives en matière de mise en œuvre de l’aide en Guinée, la stabilité socio politique du pays devrait permettre de renouer avec les institutions du Bretton Woods et de conclure le processus d’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE. L’amélioration des mécanismes de gestion efficace des ressources qui seront issues de la remise de la dette permettra de concevoir, enfin, une véritable stratégie de développement de la Guinée si les facteurs d’instabilité sociopolitiques sont maîtrisés. 2.5 Impacts de l’aide sur les indicateurs macroéconomiques En 2007 et 2008, la part de l’aide publique au développement en faveur de la Guinée représentait respectivement 7,9% et 9,3% du PIB, tandis qu’elle était de 63,4% et 59,1% par rapport aux recettes intérieures et de 62,2% et 53,4% des dépenses publiques totales, respectivement pour les deux années. Ces ratios permettent d’apprécier la part significative de l’aide dans l’économie du pays. 2.6 Contraintes et Obstacles Les facteurs qui ont influencé la marche du pays vers un développement économique et social soutenu et durable dans le cadre de la mise en œuvre du Plan d’Action de Bruxelles sont de divers ordres. Il y’a eu notamment des contraintes alimentaires et la crise économique et financière mondiale. Contraintes alimentaires L’un des objectifs majeurs de la politique de développement du gouvernement est d’améliorer les conditions de vie des populations rurales et d’assurer la sécurité alimentaire par un accroissement de la productivité agricole, la professionnalisation des petits exploitants, et l’amélioration de l'accès des acteurs du monde rural aux facteurs de production et aux circuits de commercialisation des produits. Pour atteindre cet objectif, l’accroissement de la productivité du secteur et l’amélioration des circuits de commercialisation sont au nombre des priorités de la politique nationale de développement agricole. A cet égard, des projets en cours notamment le Programme d’Appui aux Collectivités Villageoises (PACV) le Projet de développement social durable (PDSD) de la Haute et de la Moyenne Guinée financé par la BAD, ont une composante axée sur le développement des activités génératrices de revenus. Par ailleurs, des activités de recherche agronomique et de vulgarisation ont été développées pour la génération et le transfert de nouvelles technologies (variété de riz NERICA) pour accompagner les petits exploitants agricoles. Mais du fait du difficile contexte global dans le pays, les investissements en faveur du secteur sont demeurés limités et ont été de faible efficacité ces dernières années. Les faiblesses structurelles du secteur ne semblent guère avoir évolué de manière notable. Selon la Revue des dépenses publiques (Banque mondiale/Gouvernement, Juin 2004), « le secteur de l’agriculture guinéenne présente l’un des ratios les plus bas au monde en termes de productivité de la main d’œuvre par rapport à la productivité de l’économie dans sa totalité ». Avec environ 80% du total de la main d’œuvre, le secteur génère moins de 20% du PIB. S’agissant des cultures de rente, on note un timide essor des exportations de produits agricoles, dû notamment à la faiblesse de la production et à la mauvaise qualité des produits. D’une manière générale, en dépit de l’augmentation des productions vivrières et animales, le bilan des réalisations au niveau de l’agriculture fait ressortir des écarts considérables par rapport aux besoins alimentaires des populations guinéennes. Ceci s’est traduit par une forte augmentation des importations de riz qui ont atteint 300000 tonnes en moyenne ces trois dernières années. Ce déficit est dû en grande partie à des facteurs tels que: (i) le faible accès au crédit ; (ii) l’insuffisance de l’encadrement des paysans ; (iii) le manque de semences et d’intrants améliorés ; (iv) la faible productivité des espèces et des races locales, la persistance de maladies endémiques telles que le charbon bactérien et symptomatique, (v) la rareté de la nourriture en saison sèche pour les animaux, (vi) la faible organisation et professionnalisation des acteurs à la base Quant à la production animale, même si elle a enregistré une certaine croissance ces dernières années, elle reste encore insuffisante faute de modernisation des pratiques d’élevage. 2.6.2 Crise économique et financière Au cours des cinq dernières années, l’économie guinéenne a subi des chocs exogènes dont le caractère généralisé et les changements brutaux de tendances ont rendu difficile la gestion : les principales causes de ces évolutions échappent totalement au contrôle de l’Etat et des opérateurs économiques. Ces chocs se caractérisent par une forte fluctuation des prix internationaux des principaux produits alimentaires et énergétiques importés par la Guinée qui ont connu deux phases marquées respectivement par : une forte augmentation entre 2006 et le deuxième trimestre 2008 et une baisse sensible au cours du troisième trimestre 2008. En effet, entre 2004 et 2007, les prix des principaux produits importés en Guinée ont subi une hausse globale de l’ordre de 26%. Ce rythme s’est accéléré à partir de 2006 et a été soutenu jusqu’au deuxième trimestre de 2008 ; période au cours de laquelle les prix internationaux de produits alimentaires, qui représentent 32% des importations du pays, ont augmenté de 89% ; mouvement impulsé par les prix des céréales (riz et blé) qui ont augmenté en moyenne de 132%. La Guinée recèle d’énormes potentialités minières (bauxite, or, diamant, etc.). En effet, la production du secteur minier représente en moyenne plus de 15% du PIB, tandis que les exportations minières représentent plus de 90% des exportations du pays et les recettes minières, un peu moins de 30% de recettes budgétaires de l’Etat. La plupart des sociétés œuvrant dans le secteur sont des filiales des grandes compagnies minières internationales qui sont cotées sur les marchés boursiers. En plus des compagnies qui exploitaient les mines en Guinée depuis des décennies, plusieurs autres compagnies ont entamé ces dernières années de grands chantiers d’exploration et d’exploitation minières avec un volume d’investissements prévisionnel avoisinant les 30 milliards dollars pour une période de 5 ans. Ces projets devraient également générer des dizaines de milliers d’emplois. Le déclenchement de la crise financière et économique mondiale en 2008 a entraîné un ralentissement de l’activité de toutes ces compagnies minières causant une chute de la production, une baisse des recettes minières et une perte d’emplois notamment au niveau des compagnies en cours d’implantation. Elle a également eu un impact négatif sur d’autres secteurs tels que le tourisme et le transport. Politiques et stratégies de réduction de la pauvreté et de promotion du développement Durable Les politiques de développement mises en œuvre en Guinée durant la dernière décennie ont eu pour base la vision stratégique de développement économique « Guinée, vision 2010 » et la stratégie de réduction de la pauvreté dont l’élaboration a impliqué l’ensemble des composantes de la nation et bénéficié de l’appui des partenaires au développement. Atouts Les orientations actuelles de la politique de développement socioéconomique de la Guinée sont basées sur une perspective d’exploitation rationnelle de ses atouts constitués par les immenses potentialités dont elle dispose. Ces atouts qui sont des avantages comparatifs par rapport à d’autres pays peuvent être groupés en trois catégories : le potentiel humain et culturel ; les atouts naturels et ; les avantages d’ordre politique et institutionnel. Sur le plan des ressources humaines, l’atout principal est la jeunesse de la population. En effet, sur la base des statistiques disponibles, le pays compte une population active de l’ordre de 5,5 % dont 55 % se trouvent en zone rurale. Ce potentiel regorge aussi, à ne pas en douter, une frange non négligeable de guinéens non résidents, qui joue un important rôle tant dans le domaine de la mobilisation de l'épargne que pour le transfert des connaissances. Sur le plan des ressources naturelles, le pays dispose d’innombrables richesses agricoles, hydroélectriques et minières. Le secteur de développement rural occupe une place prépondérante dans la structure de l’économie nationale tant sur le plan de l’étendue que sur les plans de l’occupation des populations et de la disponibilité des ressources exploitables. En effet, la Guinée dispose de nos jours environ 6,5 millions d’hectares de superficie agricole utile, 13 millions d’hectares de couvert végétal toutes formation confondues, environ 1,2 millions d’hectares de forêts classées, près de 20 millions d’espèces animales dont 14 millions de volaille et plus de 240 mille tonnes de ressources halieutiques exploitables par an. Le potentiel énergétique guinéen est constitué d’un ensemble diversifié de sources d’énergie. Le potentiel hydroélectrique à lui seul est de l’ordre de 6,1 GW de puissance pour une énergie annuelle garantie de 19.300 GWh. Dans le domaine minier l’immensité du potentiel dont dispose le pays l’a fait toujours qualifier de "scandale géologique". Selon les statistiques disponibles, ce potentiel représente une réserve prouvée de 25 milliards de tonnes de bauxite de très haute teneur, soit 2/3 des réserves mondiales, 7 milliards de tonnes de minerais de fer, plusieurs centaines de tonnes d’or titrant entre 20 et 23 carats, environ 30 millions de carats de diamant dont 3 millions de réserves prouvées. Le stade actuel des recherches et des connaissances révèle également l’existence d’indices de gisements de pierres gemmes et des métaux de base. Sur le Plan politique la volonté d’instaurer un Etat de droit, consécutivement à la mise en place au début des années 90, des institutions républicaines (exécutif, législatif, judiciaire) ; l’avantage d’être le pays le plus stable dans une sous-région qui a été longtemps troublé par des guerres et des conflits ethniques, le libre exercice des activités productives, de même que la libre jouissance, par chacun, des fruits de son labeur, constituent des facteurs favorables, indispensables, pour mettre en confiance les opérateurs économiques désireux d’investir en Guinée. Cet ensemble d’atouts constituent des éléments majeurs sur lesquels se fonde le gouvernement guinéen pour l’amélioration du cadre macroéconomique à moyen et long termes. Contraintes La mise en œuvre de la stratégie de développement de la Guinée passe nécessairement par la levée de toutes les contraintes liées au développement du secteur privé considéré comme locomotive de la croissance. Ces contraintes sont les suivantes : (i) un environnement administratif et juridique théoriquement assez appréciable mais pratiquement étouffant pour les initiatives d’investissement privé ; (ii) un déficit d’éthique de service public propice à la promotion du secteur privé ; (iii) la faiblesse des infrastructures de production (routes, eau, électricité, télécommunications, etc.) et des structures d’accompagnement (chambres consulaires, patronat, établissements publics ) ; (iv) un système financier structurellement inadéquat et quantitativement insuffisant ; (v) l’accès limité à l’information et un déficit de dialogue entre l’État, le secteur privé et la société civile et (vi) la nécessité de mieux articuler le Budget de l’Etat aux priorités du DSRP. Au plan environnemental, une étude attentive de l’environnement national montre que de nombreux facteurs peuvent faire craindre l’apparition des situations de catastrophe et d’urgence en Guinée notamment : (i) l’instabilité du socle géologique dans certaines régions du pays ; (ii) le caractère des précipitations provoquant de violentes tornades, souvent accompagnées de foudre ; (iii) la survenue périodique de certaines épidémies (choléra, méningite, rougeole, etc.,.); (iv) les invasions de criquets ou de chenilles ; (v) l’instabilité politique dans la sous-région. Domaines prioritaires pour la réduction de la pauvreté et l’atteinte des OMD Lors de la mise en œuvre du premier document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP I), la Guinée a été confrontée à une situation économique et sociale particulièrement difficile. Durant les 4 années de sa mise en œuvre, le taux de croissance économique annuel moyen s’est établi à environ 2,3%, contre un objectif de 5% initialement fixé. Quant à l’inflation, en glissement annuel, elle est passée de 5,4% en 2002 à 39,1% en 2006, contribuant ainsi à une détérioration du pouvoir d’achat des populations. Ces contre-performances auxquelles s’ajoutent, une baisse drastique des financements extérieurs et la mauvaise gestion des ressources disponibles, ont fortement affecté les conditions de mise en œuvre du DSRP1 en limitant les progrès accomplis dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Ainsi, l’incidence de la pauvreté au niveau national, qui était de 49,2% en 2002, est passée à 53,6% en 2005. De même, l’offre et la qualité des services publics de base se sont sensiblement détériorées. En 2005, plus d’un enfant sur cinq (21%) n’avait pas encore accès à l’éducation primaire, tandis que le taux de mortalité infanto-juvénile s’élevait à 163‰, et celui de la mortalité maternelle à 980 pour 100.000 naissances. Les tensions sociales qui ont secoué le pays de mars 2006 à février 2007, s’expliquent en grande partie par la dégradation des conditions de vie des populations et la persistance des problèmes de gouvernance. L’analyse de cette situation a amené le Gouvernement à s’orienter vers une dynamique nouvelle par l’élaboration et l’adoption du DSRP2 dont la vocation est de mobiliser et de canaliser tous les efforts autour des objectifs prioritaires de développement du pays (amélioration des revenus, accès accrus à l’éducation, à la santé et à l’eau potable etc.). Au regard de l’engagement du gouvernement pour l’atteinte des OMD à l’horizon 2015, d’une part, et du recoupement de ces objectifs avec les priorités nationales de l’autre, le second DSRP sert de cadre d’opérationnalisation des OMD en Guinée pour la période 2007- 2010. L’objectif général de la stratégie, tel que formulé par les populations, est la réduction significative et durable de la pauvreté en Guinée. Les objectifs spécifiques qui sous-tendent cette réduction de la pauvreté ressortent des principales préoccupations exprimées lors des consultations à la base. Il s’agit d’augmenter les revenus, d’améliorer l’état de santé, le niveau d’éducation et, plus généralement, les conditions de vie et d’épanouissement des populations et particulièrement les plus pauvres, grâce à une gouvernance de qualité, efficace et soucieuse du bien-être de tous. Le succès de la stratégie exige des progrès simultanés suivant trois axes : i) une bonne gouvernance et un cadre institutionnel adéquat sont indispensables à un développement humain , équitable et durable ; ii) une croissance économique forte c’est à dire respectueuse de l’environnement, créative d’emplois décents et de revenus en faveur des populations notamment les plus pauvres; iii) l’amélioration de l’accès à une bonne alimentation, à l’eau potable, à des services d’éducation et de santé de qualité et à un cadre d’habitation décent pour le plus grand nombre de Guinéens. Pour atteindre les objectifs sus -mentionnés, il faudra : (i) améliorer la gouvernance globale ; (ii) lever tous les goulots d’étranglement à la promotion du secteur privé ; (iii) mettre en œuvre des politiques macroéconomiques et sectorielles susceptibles de rétablir les grands équilibres macroéconomiques et impulser le développement des secteurs porteurs de croissance économique comme les mines, l’agriculture, l’industrie, le commerce, etc. ; (iv) mobiliser toutes les ressources internes et externes possibles et garantir leur utilisation judicieuse. A cet égard la mobilisation de tous les acteurs nationaux (Etat, secteur privé et Organisation de la Société Civile) et extérieurs (partenaires bi et multilatéraux) est indispensable ; (v) assurer un suivi constant et participatif de la mise en œuvre de la stratégie. Stratégie de croissance Le développement de la République de Guinée passe indubitablement par le rétablissement de la stabilité macroéconomique à travers la mise en œuvre d’une série de mesures structurelles en vue d’accélérer la croissance économique et assurer une meilleure répartition des revenus. L’objectif global est de réduire la pauvreté grâce à une croissance soutenue, durable et diversifiée, reposant sur : (i) une politique publique volontariste de régulation et de redistribution des fruits de cette croissance en faveur notamment des couches les plus pauvres et les plus vulnérables dont les femmes et les jeunes ; (ii) une nouvelle impulsion du secteur privé ; et (iii) une parfaite cohérence avec la politique de décentralisation du gouvernement. Le Gouvernement a fait de «l’accélération de la croissance et de l’élargissement des opportunités d’emplois et de revenus pour tous » le deuxième axe de sa stratégie de réduction de la pauvreté adoptée en 2007. Il est évidemment convaincu que sans une gouvernance basée sur la transparence, la participation de tous les acteurs au processus de développement, l’abandon de comportements négatifs, on ne peut pas accélérer la croissance et donc réduire significativement la pauvreté. Les objectifs spécifiques de croissance, de génération d’emplois et de revenus sont d’ordre macro-économique et sectoriel et consistent à : (i) viabiliser le cadre macro-économique par le rétablissement de ses grands équilibres, sa stabilisation et sa bonne gestion ; et (ii) accroître la production nationale, créer des emplois décents et assurer la génération de revenus en faveur des pauvres. Pour atteindre les objectifs macroéconomiques à moyen terme avec un taux de croissance économique de plus 5 % en moyenne annuelle et un taux d’inflation inférieur à 5% en moyenne annuelle, il faut lever toutes les contraintes liées au développement du secteur privé considéré comme locomotive de la croissance. Aussi, pour la viabilisation efficace et durable du cadre macro-économique par le rétablissement de ses grands équilibres, sa stabilisation et sa bonne gestion ainsi que des objectifs opérationnels qui le sous-tendent, cinq stratégies majeures sont envisagées, il s’agit de: (i)l’assainissement du cadre macroéconomique ; (ii) la maîtrise de la politique monétaire et le renforcement du système financier ; (iii) l’amélioration de la politique budgétaire et de la fiscalité ; (iv) la gestion efficace de la dette ; et (v) la prise en compte de la dimension régionale, de l’intégration économique et financière. Quant à l’accroissement de la production, la création des emplois décents et la génération de revenus, ils résulteront de la contribution de l’ensemble des secteurs notamment celle des secteurs porteurs de croissance. 3.4.1 Le Secteur agricole En termes d’objectifs de croissance, le secteur agricole devrait atteindre un taux de croissance moyen de plus de 4% sur la période 2009-2013 avec une augmentation de sa part dans le PIB à plus de 13% sur la même période. L’atteinte de ce taux de croissance suppose la réalisation de trois objectifs stratégiques à savoir : (i) poursuivre la politique de sécurité alimentaire; (ii) accroître les revenus agricoles avec les opportunités économiques et l’accès aux marchés et (iii) développer des mesures transversales d’accompagnement pour garantir l’efficacité des investissements. Les interventions pour la sécurité alimentaire reposeront sur : (i) l’appui à l’augmentation de la productivité et de la compétitivité de la production vivrière en particulier rizicole sur une base durable (ii) la diversification par la promotion des productions vivrières de substitution, et (iii) l’appui à l’amélioration de la productivité et de la santé animales. Pour accroître les revenus agricoles avec les opportunités d’exportations agricoles sur les marchés sous-régionaux et internationaux, les interventions cibleront : (i) l’accroissement et la diversification des productions commerciales ; (ii) l’amélioration de l’accès aux marchés par la réalisation notamment des infrastructures d’accès et de marchés pour la création de la valeur ajoutée ; (iii) le développement de mécanismes de gestion et de régulation des filières agricoles ; et (iv) la promotion de la qualité et de la labellisation des produits agricoles. Les mesures transversales d’accompagnement qui garantissent l’efficacité des investissements reposeront, entre autres, sur : (i) l’amélioration de l’environnement juridique et réglementaire ; (ii) l’augmentation de la productivité de l’exploitation agricole par l’amélioration de la fertilité des sols, des mesures d’encouragement à l’utilisation des intrants améliorés et une mécanisation agricole adaptée ; (iii) l’amélioration de l’accès aux facteurs et moyens de production ; (iv) le développement d’un système viable de financement des producteurs au niveau des différents segments du secteur agricole. 3.4.2 Le secteur de l’Elevage L’un des objectifs du Gouvernement en matière de sécurité alimentaire est d’augmenter de façon significative le cheptel et la production nationale de viande, de lait et d’œufs. Il reste encore aujourd’hui un potentiel important pour satisfaire les besoins alimentaires de la population. C’est pourquoi, la mise en œuvre de la politique pastorale devrait permettre de porter le taux de croissance de la valeur ajoutée du secteur de plus de 4% en moyenne entre 2009 et 2010 et plus au-delà. Pour la réalisation de ce taux de croissance, le secteur devra s’appuyer sur : (i) l’augmentation de l’accès aux micro - crédits et aux intrants ; (ii) la sédentarisation des éleveurs; (iii) l’intensification de l’élevage ; (iv) le développement des élevages à cycle court par les femmes dans toutes les régions naturelles du pays ; (v) l’intégration effective du couple agriculture – élevage ; (vi) l’élaboration d’un code pastoral ; et (vii) l’étroite collaboration avec les pays voisins dans la lutte contre les épizooties. Ces actions seront sous-tendues par deux axes stratégiques : (a) l’axe stratégique transversal ou approche programme d’appui qui vise les systèmes d’élevage traditionnels avec la mise en place des actions qui seront conduites par l’État avec la participation des groupements d’éleveurs ; et (b) l’axe stratégique vertical ou approche-filière qui touchera au système d’élevage amélioré ou semi intensif et périurbain. 3.4.3 Le secteur de la pêche La pêche est une activité qui constitue l’une des principales sources d’approvisionnement des populations en protéine animale et de mobilisation des recettes d’exportation. La politique du gouvernement en matière de pêche vise à augmenter la contribution du secteur au PIB en faisant passer son taux de croissance de 2,5% en 2008 à un niveau moyen de 4% entre 2009 et 2013 et plus à long terme. A moyen terme, le gouvernement envisage de mettre en œuvre un plan d’actions qui vise : (i) le suivi régulier et le contrôle des prises de pêche ; (ii) le renforcement rapide et efficace de la surveillance des pêches ; (iii) l’intensification des activités de recherche halieutique ; (iv) l’appui au développement de la pêche artisanale ; (v) la réalisation d’infrastructures de stockage, de traitement et de conditionnement des produits de pêche ; (vi) l’amélioration des compétences de l’administration du secteur ; (vii) le développement de la pêche continentale et de la pisciculture ; (viii) une amélioration de l’alimentation du marché intérieur en produits de pêche ; (ix) la promotion de la pêche semi industrielle; (x) le renforcement du contrôle de la délivrance des licences de pêche ; (xi) la promotion du repos biologique particulièrement pour les espèces menacées ; (xii) la qualification des compétences des acteurs du secteur. 3.4.4 Le secteur minier De tous les secteurs moteurs de croissance, le secteur minier est celui dont la contribution aux exportations est la plus importante. A la faveur des investissements importants réalisés en 2008, la part du secteur dans le PIB a augmenté pour se situer à 15,8% contre 14,5% en 2007. Les mesures d’assainissement du cadastre minier et l’examen des conventions en vue d’une éventuelle révision devraient permettre à l’Etat, les années à venir de maximiser les recettes minières et de faire davantage bénéficier les populations des retombées des exploitations minières. Le secteur minier devrait également contribuer dans une large mesure à la lutte contre la pauvreté. Ainsi, le secteur devra (i) accélérer la croissance économique du pays, en partie grâce à la réalisation des mégas projets prévus ; (ii) renforcer le développement des services de base, à travers la contribution aux recettes de l’État, au budget des collectivités à la base et des actions directes sur le terrain ; (iii) contribuer à la réduction du chômage, en particulier le chômage des jeunes diplômés ; (iv) renforcer les disponibilités en devises du pays. A cet effet, il enregistrerait une croissance de plus de 6% en moyenne entre 2010 et 2015. Pour gagner ce pari, d’importantes mesures doivent être prises. Dans un cadre rendu plus attractif, le gouvernement entend promouvoir d’importants projets miniers dans les domaines du fer et de la filière aluminium. Il facilitera la mise en place des infrastructures qui permettront de mener à bien ces projets. Il était attendu que ces mégas projets permettent d’accélérer la croissance économique, la création d’emplois décents et de revenus. A ce titre, un investissement de près de 27 milliards USD à l’horizon 2015 était projeté qui devrait permettre la création de 85 100 à 102 000 emplois en phase de construction et de 23 700 à 28 230 emplois en phase d’exploitation. Toutefois, la crise mondiale déclenchée en 2008 risque d’influencer fortement le calendrier de mise en œuvre de ces mégas projets avec la diminution du flux d’investissements déjà perceptible. Les efforts de développement se feront suivant deux axes, à savoir l’intensification de l’activité minière et le renforcement de la valorisation du produit minier. Il convient de souligner que les nouvelles autorités du pays ont marqué leur ferme volonté d’entreprendre des reformes structurelles importantes dans le secteur minier afin de pouvoir faire profiter au mieux les populations guinéennes des ressources minières. 3.4.5 Le secteur du tourisme et de l’artisanat Le secteur du tourisme et de l’artisanat reste l’un des secteurs dont le riche potentiel est encore sous exploité voire inexploité en Guinée. Le tourisme et l’artisanat peuvent considérablement contribuer à la dynamique de développement économique et social du pays. S’agissant du tourisme, les objectifs de la SRP2 consistent à : (i) contribuer à l’accélération de la croissance économique; (ii) favoriser l’emploi et une large distribution des revenus; (iii) contribuer à la mobilisation de devises. Dans le domaine de l’artisanat, les efforts du Gouvernement visent à renforcer et à accélérer le développement économique, avec des retombées positives pour les populations pauvres. Spécifiquement, Il s’agit : (i) d’accroître la productivité et la compétitivité de l’artisanat; (ii) de créer des emplois productifs et stables et (iii) de renforcer les compétences techniques et de gestion et de contribuer à l’expansion de la base industrielle. Dans cette perspective, une Lettre de Politique de Développement de l’Artisanat (LPDArt), devant déboucher sur un Schéma directeur de développement du secteur a été élaborée. Le Programme Cadre pour le soutien et le Développement du Secteur Privé (PCDSP) a inscrit lui aussi, dans son plan d’actions plusieurs projets en appui à l’artisanat. 3.4.6 Développement des infrastructures économiques de base Les efforts fournis par la Guinée au cours des vingt dernières années ont permis d’améliorer sensiblement l’offre de l’eau, de l’électricité, des services de télécommunications ainsi que l’état des infrastructures routières et des moyens et services de transport. Cependant, à bien des égards, le secteur des infrastructures économiques de base souffre de certaines insuffisances : faible couverture géographique du pays (plusieurs villes de l’intérieur y compris les chefs lieu de régions, n’ont pas encore l’électricité); coûts élevés des services; déséquilibres financiers importants. Dans la perspective de réduction de la pauvreté, le développement des infrastructures répond à deux enjeux majeurs : (i) offrir des services adéquats pour le développement du secteur privé; et (ii) assurer au plus grand nombre de Guinéens des services de base de qualité et (iii) créer un cadre propice à un partenariat public-privé efficace. IV- OBJECTIFS DE POLITIQUE ECONOMIQUE A COURT ET MOYEN TERMES 4.1 Orientations de politique économique Les objectifs de politique économique du Gouvernement sont de quatre (4) ordres : (i) rétablir les équilibres macro-économiques avec en particulier la maîtrise de l’inflation ; (ii) améliorer la mobilisation des ressources nécessaires au développement des infrastructures économiques et la fourniture des services sociaux de base (eau, électricité, santé, transport) ; (iii) favoriser l’emploi des jeunes  ; (iv) assurer la promotion du dialogue politique et social et la bonne gouvernance. Pour atteindre ces objectifs les mesures suivantes sont envisagées : a) la mise en œuvre d’une politique budgétaire rigoureuse reposant sur l’amélioration des administrations fiscale et douanière ; b) le renforcement de la qualité des dépenses ; c) la mise en œuvre d’une politique monétaire restrictive fondée sur l’utilisation accrue d’instruments indirects, l’approfondissement de l’unification et de la libéralisation du marché des changes, et le renforcement de la supervision bancaire ; d) l’amélioration de l’environnement du secteur privé par l’application des réformes structurelles, la mise en place des infrastructures de base et des services publics, ainsi que le renforcement de la bonne gouvernance ; e) la mise en œuvre des politiques de réduction de la pauvreté ; f) le renforcement de la coordination des politiques et des mécanismes de suivi. Les objectifs macroéconomiques clés du programme à court et moyen termes visent à : i) réaliser une croissance moyenne annuelle de la production de 5,5% sur la période 2011-2015, pour permettre une augmentation du revenu par habitant de 2,1% par an; ii) réduire l’inflation de 7,9% en glissement en 2009 à moins de 3% en 2015; iii) porter l’accumulation des réserves de change brutes à l’équivalent de 1,8 mois d’importations de biens et services en 2009 à 3 mois entre 2012 et 2015. Les efforts de redressement économique devront permettre d’améliorer le déficit budgétaire (base engagement hors dons) qui pourrait se situer en moyenne à moins de 4,5% du PIB entre 2011 et 2015. En ce qui concerne les dépenses totales en pourcentage du PIB, elles devraient se situer à 20,4% en 2010 avant de se stabiliser en moyenne à 19 % durant la période 2011-2015 dont 7 % en dépenses d’investissements. V- sources et modalités de financEment Son statut de PMA et d’Etat fragile, fait obligation à la Guinée de recourir à deux sources : les ressources intérieures mobilisées grâce à l’effort propre du Pays d’une part ; l’APD et les IDE d’autre part. A cet égard, la priorité sera donnée à la recherche des ressources concessionnelles de type IDA qui devront être complétées par des dons et des subventions. Ces ressources devraient être investies dans la construction des infrastructures économiques et sociales et le développement des secteurs sociaux de base. Le gouvernement envisage de promouvoir le partenariat pour le financement du développement en vue de mobiliser des ressources additionnelles stables et prévisibles, grâce notamment à la mise en œuvre des mécanismes de financements innovants ainsi qu’à d’autres modalités de mobilisation de ressources pour atteindre les OMD. Son action dans ce cadre s’inscrira dans celle du Groupe Pilote pour les Financements Innovants, au sein duquel la Guinée joue un rôle d’avant-garde. VI- systeme de suivi et d’évaluation Le système de suivi évaluation en vigueur dans la mise en œuvre de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté qui repose sur les principes et la pratique de l’approche participative sera maintenu et renforcé. Il s’effectuera dans le cadre d’une approche participative impliquant les structures pérennes de l’Administration, les structures déconcentrées, les collectivités publiques locales, le secteur privé, les bailleurs de fonds et donateurs et les populations bénéficiaires. Le suivi de l’exécution concernera la réalisation physique et financière de l’ensemble des actions, des programmes et projets d’investissement identifiés et inscrits dans le plan d’actions du programme national pour la décennie 2010-2020. Le suivi d’impact portera sur l’analyse de l’évolution de la pauvreté et des conditions de vie des populations. il s’effectuera à travers: (i) la mise en œuvre d’un programme statistique dans le cadre de l’élaboration de la Stratégie nationale de développement de la statistique (SNDS). Ce programme inclura l’ensemble des enquêtes indispensables au suivi des conditions de vie des ménages et de la pauvreté, et (ii) la collecte d’informations relatives aux indicateurs de suivi. Le suivi participatif sera effectué suivant des méthodes appropriées permettant aux autorités de s’informer sur les appréciations qu’ont les populations à la base sur les activités menées dans le cadre de la réduction de la pauvreté. S’agissant de l’évaluation du prochain programme, elle sera indépendante et conduite par un Comité de pilotage comprenant tous les acteurs impliqués dans la mise en œuvre du plan d’actions. CONCLUSION En Guinée, l’essor du développement économique repose en grande partie sur les secteurs rural et minier. L’intensification des activités dans ces secteurs pose de réelles questions quant à leurs impacts sur le potentiel de développement et sur l’environnement. L’enjeu est de permettre aux populations guinéennes d’atteindre un mode de vie durable par l’intégration, pour l’éradication de la pauvreté, des problèmes de développement et de gestion des ressources naturelles en développant pour chaque poche de pauvreté, des projets et programmes intégrés de développement et de gestion durable de l’environnement. L’objectif global visé en matière de gestion rationnelle et durable des ressources naturelles et de la protection de l’environnement est de favoriser le développement pour l’amélioration des conditions de vie des générations présentes en n’hypothéquant pas la pérennité de la base productive pour les générations futures populations et protéger l’environnement. La prochaine décennie sera pour la Guinée une décennie de relance de la croissance et de la promotion de la bonne gouvernance politique, économique et démocratique fondée sur la solidarité nationale, l’intégration sous-régionale et la coopération internationale.      PAGE \* MERGEFORMAT 2 PAGE  PAGE 2 @w°±õ÷øûüÿ   ! 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Cela Guinéÿe. Ces la Guinéÿe. Le€la Haute €LA MISE ENla Moyenne Guinéÿe la Pauvretéÿ€LA PAUVRETE ET la Réÿduction la Réÿpublique€la Revue €la Russie€la SEEGla Sociéÿtéÿ Civile€la SRP la Stratéÿgie €la Transition €ProductIDU&U& U&U&U&U& U&U& U&U&U&U& U&U&U&U& U&%U&U&U&U&@&U&U&U&U&U&U&@&U&#U&#U&#U&@&U&U&U&U&U&U&$U&U&U&U&U&U&U&U&U&U&U&U&U&U& U& U&U&!U&U& U&U&U&U&U&U&U&U&U&U&@&U&U&U&U&U&U&"U&U&#U&U&U&U&$U&U&$U&» À +D2D&›-›.›3›x~$$$$$$$ $!$#$$$&$'$B$E$M$P$Z$]$`$ Î7Ô7þ·¸! % ?©$$$$$$$ $!$#$$$&$'$B$E$M$P$Z$]$`$33333ÿ"4/ E ù  Xg7AS a ','(%(æ0ó0JU_UÅnÐnr&rYunu¬w»w5z^z¿|ì|0E¯ƒØƒ Š+ŠŒ)Œszç‘’Á•Ø•JžgžŽŸ§Ÿk«‘«¤¶¬¶\ÃjÃÍÙçÙ?¨$$$$$$$ $!$#$$$&$'$]$`$$$$$$$$ $!$#$$$&$'$]$`$+Ã2:±ƒ8[ÿÿÿÿÿÿÿÿÿ;îö®„åÿÿÿÿÿÿÿÿÿ‚ÿÿÿòï¢ÿƒÿÿÿ¼xÿbt€}ð,ÿÿÿÿÿÿÿÿÿ'„¢bÿÿÿÿÿÿÿÿÿ ZXà<*¿ÿÿÿÿÿÿÿÿÿ«a¦ 8, ÿÿÿÿÿÿÿÿÿž:é–4ÿÿÿÿÿÿÿÿÿwoPÇ …ÿÿÿÿÿÿÿÿÿd ±‡Â?ÿÿÿÿÿÿÿÿÿÇÜb·ÿÿÿÿÿÿÿÿÿ1)Ô´ŒÿÿÿÿÿÿÿÿÿˆA%  t\c"»úGÿÿÿÿÿÿÿÿÿ–d"´ ŽoÿÿÿÿÿÿÿÿÿŸô#ì :Òÿÿÿÿÿÿÿÿÿ»ú&2>Äÿÿÿÿÿÿÿÿÿ0„+|Eÿÿÿÿÿÿÿÿÿ%z”/ú×ðQÿÿÿÿÿÿÿÿÿæ9”1Ÿ¶& !"#ÿÿÿ¡_9ä³`ÈÿÿÿÿÿÿÿÿÿŽ=K<<sÿÿÿÿÿÿÿÿÿ+Ö< .ÿÿÿÿÿÿÿÿÿr5?º 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